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      <image:title>Carte d'identité de Radika Mainali délivrée par le gouvernement du Bhoutan.</image:title>
      <image:caption>Carte d'identité de Radika Mainali délivrée par le gouvernement du Bhoutan.</image:caption>
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      <image:title>Camp de réfugiés à l'est du Népal près de Damak. Il y a 7 camps de réfugiés. Ici, le camp de Beldangi compte près de 50000 réfugiés sur les 107.000 qui sont au Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Camp de réfugiés à l'est du Népal près de Damak. Il y a 7 camps de réfugiés. Ici, le camp de Beldangi compte près de 50000 réfugiés sur les 107.000 qui sont au Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Chaque 15 jours les réfugiés viennent chercher les rations de nourriture distribuées par le World Food Programme (WFP). Cela comprend du riz, du sel, de l'huile, des lentilles, quelques légumes et des céréales. Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Chaque 15 jours les réfugiés viennent chercher les rations de nourriture distribuées par le World Food Programme (WFP). Cela comprend du riz, du sel, de l'huile, des lentilles, quelques légumes et des céréales. Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Rabi venant chercher la ration de nourriture pour sa famille. Chaque 15 jours les réfugiés viennent chercher les rations de nourriture distribuées par le World Food Programme (WFP). Cela comprend du riz, du sel, de l'huile, des lentilles, quelques légumes et des céréales. Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Rabi venant chercher la ration de nourriture pour sa famille. Chaque 15 jours les réfugiés viennent chercher les rations de nourriture distribuées par le World Food Programme (WFP). Cela comprend du riz, du sel, de l'huile, des lentilles, quelques légumes et des céréales. Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Hema cuisine dans la hutte pour sa famille. Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Hema cuisine dans la hutte pour sa famille. Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Radika Mainali se repose dans la hutte où elle vit avec son fils, sa belle fille et leurs deux filles. Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Radika Mainali se repose dans la hutte où elle vit avec son fils, sa belle fille et leurs deux filles. Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>6 heure du matin, le jour du grand départ: les proches de la famille Mainali se rassemblent devant leur hutte pour leur souhaiter un bon voyage. Ici les femmes déposent sur le front de Hema la tika (rituel Hindou). Népal, Août 2009, Népal.</image:title>
      <image:caption>6 heure du matin, le jour du grand départ: les proches de la famille Mainali se rassemblent devant leur hutte pour leur souhaiter un bon voyage. Ici les femmes déposent sur le front de Hema la tika (rituel Hindou). Népal, Août 2009, Népal.</image:caption>
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      <image:title>Derniers aurevoirs pour les réfugiés quittant le camp à bord des bus de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Derniers aurevoirs pour les réfugiés quittant le camp à bord des bus de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Rabika Mainali prend l'avion pour la première fois de sa vie. Népal, 2009.</image:title>
      <image:caption>Rabika Mainali prend l'avion pour la première fois de sa vie. Népal, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Ici plusieurs communautés habitent la résidence (Birmane, Mexicane...), Hema n'a pas l'habitude de cette mixité et ne se sent pas en sécurité, elle ne sort pas de chez elle seule. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Ici plusieurs communautés habitent la résidence (Birmane, Mexicane...), Hema n'a pas l'habitude de cette mixité et ne se sent pas en sécurité, elle ne sort pas de chez elle seule. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Rabina coiffe sa grand-mère maternelle. Elle est arrivée quelques mois avant eux et qui vit dans un logement de la même résidence. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Rabina coiffe sa grand-mère maternelle. Elle est arrivée quelques mois avant eux et qui vit dans un logement de la même résidence. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Ici, on trouve de tout, mais à quoi bon si on a pas d'argent. Rabi. Rabi faisant les courses dans un supermarché avec les bons qui lui ont été donné par l'association Catholic Charities, pour nourrir sa famille. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Ici, on trouve de tout, mais à quoi bon si on a pas d'argent. Rabi. Rabi faisant les courses dans un supermarché avec les bons qui lui ont été donné par l'association Catholic Charities, pour nourrir sa famille. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Bidhya et Rabina, dans leur nouvel appartement en train de manger un dal bhat, plan traditionnel Népalais. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Bidhya et Rabina, dans leur nouvel appartement en train de manger un dal bhat, plan traditionnel Népalais. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Très vite après leur arrivée, Hema s'est vue proposer un poste via l'association Catholic Charities, de femme de ménage à l'hôpital de Dallas qu'elle a accepté. Elle est payé 910 dollars (730 euros) par mois. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Très vite après leur arrivée, Hema s'est vue proposer un poste via l'association Catholic Charities, de femme de ménage à l'hôpital de Dallas qu'elle a accepté. Elle est payé 910 dollars (730 euros) par mois. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Bidhya est rentrée à  l'école 15 jours après leur arrivée à Dallas. Elle est dans une classe de remise à niveau avec d'autres réfugiés venus de part le monde ( Somalie, Irak, Erythrée...) Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Bidhya est rentrée à  l'école 15 jours après leur arrivée à Dallas. Elle est dans une classe de remise à niveau avec d'autres réfugiés venus de part le monde ( Somalie, Irak, Erythrée...) Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Au Bhoutan ma famille était riche, nous étions des fermiers avec un troupeau et des orangers, nous vivions heureux, de manière confortable et en paix.A son arrivée Rabi a commencé a travaillé comme caissier dans une grande chaine de mall Américaine. Il se lève tous les jours à 5 heure du matin pour aller au travail et fait 2 heures de transport pour s'y rendre. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:title>
      <image:caption>Au Bhoutan ma famille était riche, nous étions des fermiers avec un troupeau et des orangers, nous vivions heureux, de manière confortable et en paix.A son arrivée Rabi a commencé a travaillé comme caissier dans une grande chaine de mall Américaine. Il se lève tous les jours à 5 heure du matin pour aller au travail et fait 2 heures de transport pour s'y rendre. Dallas, Texas, Etats-Unis, 2009.</image:caption>
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      <image:title>Photo de famille, Bydhya, 19 ans, Rabi, 46 ans, Hema, 40 ans, Rabina, 21 ans, Angélina 4 ans, Radika 86 ans. La famille Mainali pose dans le parc près de leur maison. . Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Photo de famille, Bydhya, 19 ans, Rabi, 46 ans, Hema, 40 ans, Rabina, 21 ans, Angélina 4 ans, Radika 86 ans. La famille Mainali pose dans le parc près de leur maison. . Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Rabi dans son lotissement. Rabi a pu acheté une maison pour sa famille il y a 3 ans, dans ce lotissement dans la banlieue de Dallas. Ce quartier n'est pas desservi par les transports en commun. Il a acheté deux voitures pour lui et sa femme afin de se rendre au travail tous les jours. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Rabi dans son lotissement. Rabi a pu acheté une maison pour sa famille il y a 3 ans, dans ce lotissement dans la banlieue de Dallas. Ce quartier n'est pas desservi par les transports en commun. Il a acheté deux voitures pour lui et sa femme afin de se rendre au travail tous les jours. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Radika passe la plupart de ses journées à la maison. Elle est à la retraite et touche une pension du gouvernement. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Radika passe la plupart de ses journées à la maison. Elle est à la retraite et touche une pension du gouvernement. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Aujourd'hui Rabi ne travaille pas, c'est rare. Il reste à la maison avec ses filles et sa mère. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Aujourd'hui Rabi ne travaille pas, c'est rare. Il reste à la maison avec ses filles et sa mère. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Bidhya Mainali chez elle en train de se maquiller. Bidhya n'envisage pas de repartir vivre au Népal, elle se sent de plus en plus américaine. Bidhya souhaite poursuivre ses études aux Etats-Unis et devenir infirmière. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Bidhya Mainali chez elle en train de se maquiller. Bidhya n'envisage pas de repartir vivre au Népal, elle se sent de plus en plus américaine. Bidhya souhaite poursuivre ses études aux Etats-Unis et devenir infirmière. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Rabina est venue en vacance voir sa famille. Elle étudie en Caroline du Nord et souhaite devenir professeur en micro biologie. Ici, elle aide Angélina à faire ses devoirs. Angélina va quatre heures par semaine à la maternelle. En Septembre prochain elle intègrera l'école à temps plein. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Rabina est venue en vacance voir sa famille. Elle étudie en Caroline du Nord et souhaite devenir professeur en micro biologie. Ici, elle aide Angélina à faire ses devoirs. Angélina va quatre heures par semaine à la maternelle. En Septembre prochain elle intègrera l'école à temps plein. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Radika Mainali monte dans la voiture familliale pour aller rendre visite à de la famille. Watauga, Etats-Unis, Mars 2018.</image:title>
      <image:caption>Radika Mainali monte dans la voiture familliale pour aller rendre visite à de la famille. Watauga, Etats-Unis, Mars 2018.</image:caption>
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      <image:title>Bidhya au volant de l'une des voitures familiales. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Bidhya au volant de l'une des voitures familiales. Watauga, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Radika Mainali  rend visite à des connaissances venues des camps comme eux. Quartier de Keller, Dallas, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Radika Mainali  rend visite à des connaissances venues des camps comme eux. Quartier de Keller, Dallas, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Pour célébrer l'arrivée imminente d'un nouvel enfant, la communauté Boutannaise du quartier se réunit et organise une babyshower. Ceci n'a rien à voir avec leur culture et leur tradition. Ils en organisent depuis leur arrivée aux Etats-Unis. Toutes les femmes qui assitantent à cette baby shower vivaient dans le camp de Beldangi au Népal tout comme la famille Mainali. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Pour célébrer l'arrivée imminente d'un nouvel enfant, la communauté Boutannaise du quartier se réunit et organise une babyshower. Ceci n'a rien à voir avec leur culture et leur tradition. Ils en organisent depuis leur arrivée aux Etats-Unis. Toutes les femmes qui assitantent à cette baby shower vivaient dans le camp de Beldangi au Népal tout comme la famille Mainali. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Hema offrant une cuillère de gateau aux futurs jeunes parents en guise de bonne chance et bonheur. Pour célébrer l'arrivée imminente d'un nouvel enfant, la communauté Boutannaise du quartier se réunit et organise une babyshower. Ceci n'a rien à voir avec leur culture et leur tradition. Ils en organisent depuis leur arrivée aux Etats-Unis. Toutes les femmes qui assitantent à cette baby shower vivaient dans le camp de Beldangi au Népal tout comme la famille Mainali. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Hema offrant une cuillère de gateau aux futurs jeunes parents en guise de bonne chance et bonheur. Pour célébrer l'arrivée imminente d'un nouvel enfant, la communauté Boutannaise du quartier se réunit et organise une babyshower. Ceci n'a rien à voir avec leur culture et leur tradition. Ils en organisent depuis leur arrivée aux Etats-Unis. Toutes les femmes qui assitantent à cette baby shower vivaient dans le camp de Beldangi au Népal tout comme la famille Mainali. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Radika passe la plupart de ses journées à la maison. Elle est à la retraite et touche une pension du gouvernement. Ici, elle partage un moment de complicité avec sa petite fille. Cette dernière, bien qu'elle comprenne le Nepali, ne souhaite parler que l'Anglais. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Radika passe la plupart de ses journées à la maison. Elle est à la retraite et touche une pension du gouvernement. Ici, elle partage un moment de complicité avec sa petite fille. Cette dernière, bien qu'elle comprenne le Nepali, ne souhaite parler que l'Anglais. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Rabina et Bidhya devant chez elles, Watauga, Texas, Etats-Unis, Mars 2018.</image:title>
      <image:caption>Rabina et Bidhya devant chez elles, Watauga, Texas, Etats-Unis, Mars 2018.</image:caption>
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      <image:title>Radika priant dans sa chambre devant un autel représentant des divinités hindous. Les Lothsampas sont de confession Hindou. La communauté de Dallas a émi le souhait de lever des fonds pour la construction d'un temple, mais le projet reste encore en suspens. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Radika priant dans sa chambre devant un autel représentant des divinités hindous. Les Lothsampas sont de confession Hindou. La communauté de Dallas a émi le souhait de lever des fonds pour la construction d'un temple, mais le projet reste encore en suspens. Watauga, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Rabi souhaite travailler le plus possible pour offrir une vie descente à sa famille. {quote} Le temps c'est de l'argent{quote} lui a-t-on appris à son arrivée en Amérique. Il travaille 6 à 7 jours par semaine, 10 à 12 heures par jour et gagne 1600 dollars Américain (1300 euros).  {quote}Se divertir sortir, cela ne m'intéresse pas. Tu dépenses ton argent et puis le lundi tu dois à nouveau en gagner plus. Ici aux Etats-Unis, il faut gagner de l'argent. Plus tard, dans 5 voire 10 ans, j'aimerais partir vivre au Népal et monter une affaire{quote}. Watauge, Dallas, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:title>
      <image:caption>Rabi souhaite travailler le plus possible pour offrir une vie descente à sa famille. {quote} Le temps c'est de l'argent{quote} lui a-t-on appris à son arrivée en Amérique. Il travaille 6 à 7 jours par semaine, 10 à 12 heures par jour et gagne 1600 dollars Américain (1300 euros).  {quote}Se divertir sortir, cela ne m'intéresse pas. Tu dépenses ton argent et puis le lundi tu dois à nouveau en gagner plus. Ici aux Etats-Unis, il faut gagner de l'argent. Plus tard, dans 5 voire 10 ans, j'aimerais partir vivre au Népal et monter une affaire{quote}. Watauge, Dallas, Texas, Etats-Unis, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Photographie de Rabi Mainali au Bhoutan quand il était jeune, portant le Go, habit traditionnel Bhoutanais.</image:title>
      <image:caption>Photographie de Rabi Mainali au Bhoutan quand il était jeune, portant le Go, habit traditionnel Bhoutanais.</image:caption>
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      <image:title>Béatrice Ardourel, 69 ans, retraitée, VillegailhencJ’ai un problème de mémoire. Des souvenirs sont tellement dispersés dans ma tête… que j’ai l’impression d’avoir encore de l’eau dans ma tête. Quand on voit à la télévision des inondations, on se dit: « Les pauvres gens ! Ça doit être terrible de voir sa vie sens dessus dessous ainsi…», même si c’est matériel. Mais quand ça vous touche…Je me revois… Je n’ai pas dormi de la nuit, je voyais par la fenêtre du premier des voitures avec les clignotants et les phares allumés, une autre klaxonnait, des bruits de fracas incessants. Mon locataire m’appelle et me dit: « Ne t’inquiète pas Béa, il y a un amoncellement de voitures contre ta façade…». À ce moment-là, je ne m’imagine pas qu’il se passe quelque chose au rez-de-chaussée. Jamais je ne me serais imaginé une telle vague. Je suis descendue, il y avait un peu d’eau. Tout était en bas, téléphone, ordinateur, papiers… J’ai pris ce qui me venait à l’aide d’une bougie pour m’éclairer. Les pieds dans l’eau, j’ai monté quatre bricoles et quand je suis redescendue, j’étais persuadée de pouvoir prendre d’autres affaires. Mais l’eau était montée. J’ai eu deux mètres vingt dans mon salon. Je me suis assise sur les marches. Je n’ai plus regardé à l’extérieur. Et au fur et à mesure, je montais les marches. Le piano était penché, tout flottait. On avait rentré du bois dans la cour la veille. L’eau avait déglingué les portes et le bois était rentré. La seule chose que je voyais de l’escalier et qui m’a perturbée, c’est ce bois qui flottait. Alors, je descendais une ou deux marches et je prenais ces morceaux de bois en me disant que j’en aurais besoin pour me chauffer. J’essayais de sauver ce que je pouvais…Quand le jour pointa, je me suis aperçue que mon monde avait disparu, tout était détruit. Mon cocon était fait, j’étais à la retraite, on avait qu’à s’occuper du jardin. Avec les inondations, c’est un pan de vie qui est parti, avec tous les souvenirs et les gens qui y ont participé. Quand je me suis rendu compte de ce désastre, je suis sortie de ma maison, mais je ne pouvais pas re-rentrer. Je me suis assise sur une chaise, à l’angle de ma rue. Aux moindres personnes qui passaient et qui me demandaient si j’avais besoin de quelque chose, je disais non. Je ne voulais pas qu’on rentre chez moi et voit la maison comme elle était. J’ai fait ça pendant deux jours. Je devais rentrer pour dormir, mais je ne m’en souviens pas du tout. La seule chose que je disais, c’était « je veux un mixeur», parce qu’Alain, mon compagnon, aime la soupe mixée. Et puis, mon amie Coco m’a amenée à la salle polyvalente pour manger et m’habiller.Au départ, je pensais n’avoir besoin de rien ni de personne. Mais je suis allée voir des psychologues et des thérapeutes. Puis j’ai vu une psychiatre qui m’a fait énormément de bien. Elle a pris sa retraite et je ne fais pas la démarche d’aller voir quelqu’un d’autre. Je suis toujours sous calmants. Quand j’essaie d’arrêter, j’ai des réminiscences qui viennent, mais j’espère y arriver petit à petit. Mes enfants, ma famille sont venus, c’était bien, mais ça ne fait pas tout. Quand il y a un orage, je regarde. Je n’ai pas gardé la peur, mais je suis attentive. Il faut que l’eau passe, s’en aille, et que l’on reprenne sa vie.</image:title>
      <image:caption>Béatrice Ardourel, 69 ans, retraitée, VillegailhencJ’ai un problème de mémoire. Des souvenirs sont tellement dispersés dans ma tête… que j’ai l’impression d’avoir encore de l’eau dans ma tête. Quand on voit à la télévision des inondations, on se dit: « Les pauvres gens ! Ça doit être terrible de voir sa vie sens dessus dessous ainsi…», même si c’est matériel. Mais quand ça vous touche…Je me revois… Je n’ai pas dormi de la nuit, je voyais par la fenêtre du premier des voitures avec les clignotants et les phares allumés, une autre klaxonnait, des bruits de fracas incessants. Mon locataire m’appelle et me dit: « Ne t’inquiète pas Béa, il y a un amoncellement de voitures contre ta façade…». À ce moment-là, je ne m’imagine pas qu’il se passe quelque chose au rez-de-chaussée. Jamais je ne me serais imaginé une telle vague. Je suis descendue, il y avait un peu d’eau. Tout était en bas, téléphone, ordinateur, papiers… J’ai pris ce qui me venait à l’aide d’une bougie pour m’éclairer. Les pieds dans l’eau, j’ai monté quatre bricoles et quand je suis redescendue, j’étais persuadée de pouvoir prendre d’autres affaires. Mais l’eau était montée. J’ai eu deux mètres vingt dans mon salon. Je me suis assise sur les marches. Je n’ai plus regardé à l’extérieur. Et au fur et à mesure, je montais les marches. Le piano était penché, tout flottait. On avait rentré du bois dans la cour la veille. L’eau avait déglingué les portes et le bois était rentré. La seule chose que je voyais de l’escalier et qui m’a perturbée, c’est ce bois qui flottait. Alors, je descendais une ou deux marches et je prenais ces morceaux de bois en me disant que j’en aurais besoin pour me chauffer. J’essayais de sauver ce que je pouvais…Quand le jour pointa, je me suis aperçue que mon monde avait disparu, tout était détruit. Mon cocon était fait, j’étais à la retraite, on avait qu’à s’occuper du jardin. Avec les inondations, c’est un pan de vie qui est parti, avec tous les souvenirs et les gens qui y ont participé. Quand je me suis rendu compte de ce désastre, je suis sortie de ma maison, mais je ne pouvais pas re-rentrer. Je me suis assise sur une chaise, à l’angle de ma rue. Aux moindres personnes qui passaient et qui me demandaient si j’avais besoin de quelque chose, je disais non. Je ne voulais pas qu’on rentre chez moi et voit la maison comme elle était. J’ai fait ça pendant deux jours. Je devais rentrer pour dormir, mais je ne m’en souviens pas du tout. La seule chose que je disais, c’était « je veux un mixeur», parce qu’Alain, mon compagnon, aime la soupe mixée. Et puis, mon amie Coco m’a amenée à la salle polyvalente pour manger et m’habiller.Au départ, je pensais n’avoir besoin de rien ni de personne. Mais je suis allée voir des psychologues et des thérapeutes. Puis j’ai vu une psychiatre qui m’a fait énormément de bien. Elle a pris sa retraite et je ne fais pas la démarche d’aller voir quelqu’un d’autre. Je suis toujours sous calmants. Quand j’essaie d’arrêter, j’ai des réminiscences qui viennent, mais j’espère y arriver petit à petit. Mes enfants, ma famille sont venus, c’était bien, mais ça ne fait pas tout. Quand il y a un orage, je regarde. Je n’ai pas gardé la peur, mais je suis attentive. Il faut que l’eau passe, s’en aille, et que l’on reprenne sa vie.</image:caption>
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      <image:title>038_CQER--Archive_1</image:title>
      <image:caption>Images d'archives réalisées par les sinistrés.</image:caption>
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      <image:title>Timéo Sanchez, 11 ans, VillegailhencJe me suis réveillé dans la nuit vers 1 h ou 2 h du matin. J’ai entendu des voitures qui se rentraient dedans. Je regardais par la fenêtre dans la nuit, et l’eau montait jusqu’à la fenêtre.Papa, lui, était en train de ranger des affaires. Même si la porte était fermée, l’eau passait. Ça m’a impressionné. J’en ai un peu discuté avec mes copains. Après les inondations, on est resté neuf semaines à Berriac chez papy et mamie.</image:title>
      <image:caption>Timéo Sanchez, 11 ans, VillegailhencJe me suis réveillé dans la nuit vers 1 h ou 2 h du matin. J’ai entendu des voitures qui se rentraient dedans. Je regardais par la fenêtre dans la nuit, et l’eau montait jusqu’à la fenêtre.Papa, lui, était en train de ranger des affaires. Même si la porte était fermée, l’eau passait. Ça m’a impressionné. J’en ai un peu discuté avec mes copains. Après les inondations, on est resté neuf semaines à Berriac chez papy et mamie.</image:caption>
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      <image:title>Bernard Sierra, 68 ans, retraité, VillegailhencJ’étais chez moi vers 23 h , il pleuvait très fort, tellement fort que je montais le son de la télévision. Et puis vers minuit, je suis allé voir ma terrasse, je vivais au bord de la rivière, l’eau s’écoulait. De nouveau, j’ai entendu taper, très fort, au dessous. En bas, c’était un garage avec une buanderie. Je me suis dit que quelqu’un était en train de me cambrioler. Je suis descendu avec une batte de base-ball. La porte d’entrée s’est fendue en deux sous la pression de l’eau qui était déjà à trois mètres, mais je ne le savais pas. Toute l’eau s’est engouffrée dans la cage d’escalier, je suis monté comme une balle de ping-pong. Je me suis retrouvé dans le salon dans dix centimètres d’eau au premier étage. Le bruit que j’entendais, c’était la voiture, une grosse Toyota qui tournait et cognait au plafond. Impossible de tenir debout. Je n’ai rien pu sauver. Je panique un peu, j’appelle les pompiers. J’avais presque plus de batterie.« Il vous faut monter sur le toit », me disent-ils. Mon téléphone sonne, c’est mon fils, il m’appelle de Kaboul, en Afghanistan. « Il faut que tu ailles sauver Anastasia, elle est enceinte, elle est à Trèbes, elle est en train de se noyer. Ils ont eu deux mètres cinquante.» Je lui dis que je ne peux pas.Je m’assois dans l’escalier, chaque fois que l’eau montait, je montais. Je ramassais ce que je voyais, je gardais n’importe quoi. J’ai appelé mon copain un peu plus bas, je lui ai dit que j’avais de l’eau, il me dit que lui aussi, mais il avait dix centimètres. Je lui dis que c’est peut-être la dernière fois que je lui parle. Il me répond : « Bernard, ce n’est rien, c’est que de l’eau.» Il n’avait pas conscience du niveau chez moi. Je suis monté au deuxième étage et je suis allé me coucher, mais je n’ai pas dormi. J’ai pris six mètres quatre-vingts.Dans la maison, l’eau c’était stressant, mais le bruit, c’était phénoménal. Des cuves à mazout, des voitures tapaient contre ma maison. J’avais une vague de deux mètres cinquante dans le salon qui tourbillonnait. Vers 2 h du matin, le pont a cédé et l’eau a commencé à descendre. Tous les meubles se sont engouffrés dans la cage d’escalier. Je suis sorti à la nage et je suis arrivé sur la route. Je n’ai pas vu l’inondation. Dans le noir, je n’entendais que le bruit.Ma maison était en bas du café, de l’autre côté de la maison des associations. Je ne reconnaissais personne. Je n’ai rien touché à la maison pendant quinze jours. Le matin, je partais à 8 h avec des bottes et j’aidais les autres. Jusqu’à ce que le club de rugby vienne. J’ai vécu un an et demi au deuxième étage, je campais (une salle de bains, un WC, la chambre, une prise qui ne marchait pas, pas de chauffage, une ampoule...). J’avais de l’eau tiède de temps en temps. C’est quand la Croix Rouge est venue me proposer une soupe que je me suis dit que je touchais le fond, et j’ai fondu en larmes.</image:title>
      <image:caption>Bernard Sierra, 68 ans, retraité, VillegailhencJ’étais chez moi vers 23 h , il pleuvait très fort, tellement fort que je montais le son de la télévision. Et puis vers minuit, je suis allé voir ma terrasse, je vivais au bord de la rivière, l’eau s’écoulait. De nouveau, j’ai entendu taper, très fort, au dessous. En bas, c’était un garage avec une buanderie. Je me suis dit que quelqu’un était en train de me cambrioler. Je suis descendu avec une batte de base-ball. La porte d’entrée s’est fendue en deux sous la pression de l’eau qui était déjà à trois mètres, mais je ne le savais pas. Toute l’eau s’est engouffrée dans la cage d’escalier, je suis monté comme une balle de ping-pong. Je me suis retrouvé dans le salon dans dix centimètres d’eau au premier étage. Le bruit que j’entendais, c’était la voiture, une grosse Toyota qui tournait et cognait au plafond. Impossible de tenir debout. Je n’ai rien pu sauver. Je panique un peu, j’appelle les pompiers. J’avais presque plus de batterie.« Il vous faut monter sur le toit », me disent-ils. Mon téléphone sonne, c’est mon fils, il m’appelle de Kaboul, en Afghanistan. « Il faut que tu ailles sauver Anastasia, elle est enceinte, elle est à Trèbes, elle est en train de se noyer. Ils ont eu deux mètres cinquante.» Je lui dis que je ne peux pas.Je m’assois dans l’escalier, chaque fois que l’eau montait, je montais. Je ramassais ce que je voyais, je gardais n’importe quoi. J’ai appelé mon copain un peu plus bas, je lui ai dit que j’avais de l’eau, il me dit que lui aussi, mais il avait dix centimètres. Je lui dis que c’est peut-être la dernière fois que je lui parle. Il me répond : « Bernard, ce n’est rien, c’est que de l’eau.» Il n’avait pas conscience du niveau chez moi. Je suis monté au deuxième étage et je suis allé me coucher, mais je n’ai pas dormi. J’ai pris six mètres quatre-vingts.Dans la maison, l’eau c’était stressant, mais le bruit, c’était phénoménal. Des cuves à mazout, des voitures tapaient contre ma maison. J’avais une vague de deux mètres cinquante dans le salon qui tourbillonnait. Vers 2 h du matin, le pont a cédé et l’eau a commencé à descendre. Tous les meubles se sont engouffrés dans la cage d’escalier. Je suis sorti à la nage et je suis arrivé sur la route. Je n’ai pas vu l’inondation. Dans le noir, je n’entendais que le bruit.Ma maison était en bas du café, de l’autre côté de la maison des associations. Je ne reconnaissais personne. Je n’ai rien touché à la maison pendant quinze jours. Le matin, je partais à 8 h avec des bottes et j’aidais les autres. Jusqu’à ce que le club de rugby vienne. J’ai vécu un an et demi au deuxième étage, je campais (une salle de bains, un WC, la chambre, une prise qui ne marchait pas, pas de chauffage, une ampoule...). J’avais de l’eau tiède de temps en temps. C’est quand la Croix Rouge est venue me proposer une soupe que je me suis dit que je touchais le fond, et j’ai fondu en larmes.</image:caption>
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      <image:title>Christianne Moreno, 70 ans, retraitée, VillegailhencDans l’après-midi, j’étais chez ma sœur à Pesens. Elle me dit qu’il y a une alerte. Alors cela m’a interpellée, car j’ai très peur de la pluie et de l’orage depuis que ma mère avait été inondée avec quatre-vingts centimètres d’eau chez elle en 1972 à Saint-Hilaire. J’ai toujours en tête ces eaux boueuses. Quand je rêve, c’est toujours des eaux boueuses, et donc j’ai très très très peur. De retour à la maison, une amie qui était passée prendre le thé m’a aidée à rentrer les affaires que j’avais dehors sous la véranda. C’était la fin de journée et le ciel s’est assombri. Mon amie est rentrée chez elle avant qu’il pleuve. Quand j’ai revu ma sœur le lendemain de la crue, elle me dit: « Christianne, hier tu redoutais quelque chose », et c’était vrai.À 20 h , on se met à table avec mon mari et mon fils Sébastien. Je dis à mon fils: « Méfie-toi, il va pleuvoir ce soir.» Il avait construit dans l’abri de jardin un studio de musique. Il adorait la musique. Après le repas, son chien ne voulait pas y aller. Mais Sébastien est quand même allé dans son studio, le cabanon au fond du jardin. Je lui ai dit: « Rentre à 22 h 30.» Il m’a dit : « d’accord ». En principe à 22 h 30, il est à la maison. On monte se coucher. Puis vers 23 h 30, j’entends du bruit. Je me mets sur le bord de l’escalier, et comme d’habitude je l’appelle: « Sébastien, Sébastien». Mais là, il ne me répond pas. Je prends le téléphone, je deviens hystérique. « Sébastien, dépêche-toi de revenir, j’ai peur.» Lui me dit calmement : « Maman, n’aie pas peur. Il ne pleut pas.» J’insiste : « Dépêche-toi, rentre ! » J’étais hystérique. Je dis à mon mari: « Claude, je sens qu’il va y avoir quelque chose.» Et là, il a compris.À un moment, j’entends un grondement. Toujours avec le téléphone et mes lunettes, je descends au rez-de-chaussée. J’entends un bruit: « plouf ». C’était un geyser provenant de la bouche d’aération. Mon mari me dit: « Christianne, il faut colmater.» Je le regarde, il ne comprend pas. Je lui donne un drap et il le fourre là-dedans. Et puis, il me dit: « L’eau, l’eau, l’eau, Christianne, dépêche-toi ! » Il veut sortir bouger les voitures, je l’attrape par la main, je le supplie de rester avec moi. « Claude, ne me laisse pas, tu sais que j’ai peur de l’eau.» Quand il se relève, on entend le courant, et j’ai entendu Sébastien crier.Mon mari est sorti, et la vague est passée sous le porche, elle a tout explosé. L’eau rentrait tellement dans la maison qu’il s’est retrouvé coincé. « Christianne, ouvre-moi, ouvre-moi ! » Quand j’ai essayé, il y avait déjà les meubles de la cuisine qui se déplaçaient. Il s’est accroché à la grille de la fenêtre. L’eau est montée à grande vitesse. Je ne sais même pas si vous pouvez le comprendre. Je voyais mon mari à travers la vitre, il s’était accroché aux grilles de la fenêtre. Avec la pression de l’eau, la vitre a explosé. Les meubles venaient me taper.Il me dit : « Laisse-moi, monte, monte, tu ne sais pas nager.» Et l’eau me poursuivait dans les escaliers, j’ai perdu mes chaussures. J’étais tellement en état de choc, et en même temps mon cerveau me disait: « Christianne, il faut que tu t’en sortes.» Je suis montée sur la vasque de la salle de bains, il y avait du limon partout. J’ai appelé les urgences, je suis restée au téléphone avec un monsieur. Il fallait que je parle à quelqu’un. D’un seul coup, l’eau est redescendue, mais je me suis dit, j’ai perdu mon mari. Mon fils, c’était un fait. Le monsieur des urgences me disait d’ouvrir la fenêtre. Je ne pouvais pas. Il me disait : « Prenez sur vous, ouvrez-la! Peut-être que votre mari est là ! » Quand j’ai réussi à ouvrir la fenêtre, mon Dieu, toute cette étendue d’eau, ce n’est pas possible. J’appelle mon mari: « Claude, Claude ! » Et à un moment, j’entends une voix d’outre-tombe : « Oui Christianne. » Je ne le voyais pas. Il était dans l’olivier. Il n’avait pas eu la force dans les bras pour se tenir à la grille. Il s’était lâché, et avec les talons avait donné une impulsion pour remonter à la surface. Il a attrapé une poubelle qui flottait, et puis il est allé se réfugier dans l’olivier. Il y est resté pendant cinq-six heures. Il ne pleuvait plu, il bruinait. «Christianne, je ne sais pas si je vais tenir.» Il fallait que je lui parle, pour qu’il tienne le coup. Les scaphandriers sont venus le chercher à 5 h du matin. Quand ils l’ont pris, il était couvert d’escarres tellement il avait forcé pour s’accrocher. C’était la Bérézina, on aurait dit la guerre avec toute cette boue. Tout avait été dévasté. J’avais vu tellement d’eau. Je me disais, il sait nager ce gosse, peut-être qu’ils vont me le retrouver, peut-être qu’il a pu... mais... c’était trop grave. Ils l’ont retrouvé le mardi, sur un arbre. C’est une petite fille qui l’a découvert en allant au jardin. Sébastien avait 42 ans, il vivait avec nous car il avait des problèmes de santé. Mon autre fils, Christophe, a 51 ans. Cela faisait 47 ans que l’on vivait dans cette maison. On est resté deux ans et demi dans un appartement à Carcassonne. Puis, on a fait construire ici. Nous n’avons jamais envisagé de partir. Je connais les gens ici, et je peux aller au cimetière à pied.</image:title>
      <image:caption>Christianne Moreno, 70 ans, retraitée, VillegailhencDans l’après-midi, j’étais chez ma sœur à Pesens. Elle me dit qu’il y a une alerte. Alors cela m’a interpellée, car j’ai très peur de la pluie et de l’orage depuis que ma mère avait été inondée avec quatre-vingts centimètres d’eau chez elle en 1972 à Saint-Hilaire. J’ai toujours en tête ces eaux boueuses. Quand je rêve, c’est toujours des eaux boueuses, et donc j’ai très très très peur. De retour à la maison, une amie qui était passée prendre le thé m’a aidée à rentrer les affaires que j’avais dehors sous la véranda. C’était la fin de journée et le ciel s’est assombri. Mon amie est rentrée chez elle avant qu’il pleuve. Quand j’ai revu ma sœur le lendemain de la crue, elle me dit: « Christianne, hier tu redoutais quelque chose », et c’était vrai.À 20 h , on se met à table avec mon mari et mon fils Sébastien. Je dis à mon fils: « Méfie-toi, il va pleuvoir ce soir.» Il avait construit dans l’abri de jardin un studio de musique. Il adorait la musique. Après le repas, son chien ne voulait pas y aller. Mais Sébastien est quand même allé dans son studio, le cabanon au fond du jardin. Je lui ai dit: « Rentre à 22 h 30.» Il m’a dit : « d’accord ». En principe à 22 h 30, il est à la maison. On monte se coucher. Puis vers 23 h 30, j’entends du bruit. Je me mets sur le bord de l’escalier, et comme d’habitude je l’appelle: « Sébastien, Sébastien». Mais là, il ne me répond pas. Je prends le téléphone, je deviens hystérique. « Sébastien, dépêche-toi de revenir, j’ai peur.» Lui me dit calmement : « Maman, n’aie pas peur. Il ne pleut pas.» J’insiste : « Dépêche-toi, rentre ! » J’étais hystérique. Je dis à mon mari: « Claude, je sens qu’il va y avoir quelque chose.» Et là, il a compris.À un moment, j’entends un grondement. Toujours avec le téléphone et mes lunettes, je descends au rez-de-chaussée. J’entends un bruit: « plouf ». C’était un geyser provenant de la bouche d’aération. Mon mari me dit: « Christianne, il faut colmater.» Je le regarde, il ne comprend pas. Je lui donne un drap et il le fourre là-dedans. Et puis, il me dit: « L’eau, l’eau, l’eau, Christianne, dépêche-toi ! » Il veut sortir bouger les voitures, je l’attrape par la main, je le supplie de rester avec moi. « Claude, ne me laisse pas, tu sais que j’ai peur de l’eau.» Quand il se relève, on entend le courant, et j’ai entendu Sébastien crier.Mon mari est sorti, et la vague est passée sous le porche, elle a tout explosé. L’eau rentrait tellement dans la maison qu’il s’est retrouvé coincé. « Christianne, ouvre-moi, ouvre-moi ! » Quand j’ai essayé, il y avait déjà les meubles de la cuisine qui se déplaçaient. Il s’est accroché à la grille de la fenêtre. L’eau est montée à grande vitesse. Je ne sais même pas si vous pouvez le comprendre. Je voyais mon mari à travers la vitre, il s’était accroché aux grilles de la fenêtre. Avec la pression de l’eau, la vitre a explosé. Les meubles venaient me taper.Il me dit : « Laisse-moi, monte, monte, tu ne sais pas nager.» Et l’eau me poursuivait dans les escaliers, j’ai perdu mes chaussures. J’étais tellement en état de choc, et en même temps mon cerveau me disait: « Christianne, il faut que tu t’en sortes.» Je suis montée sur la vasque de la salle de bains, il y avait du limon partout. J’ai appelé les urgences, je suis restée au téléphone avec un monsieur. Il fallait que je parle à quelqu’un. D’un seul coup, l’eau est redescendue, mais je me suis dit, j’ai perdu mon mari. Mon fils, c’était un fait. Le monsieur des urgences me disait d’ouvrir la fenêtre. Je ne pouvais pas. Il me disait : « Prenez sur vous, ouvrez-la! Peut-être que votre mari est là ! » Quand j’ai réussi à ouvrir la fenêtre, mon Dieu, toute cette étendue d’eau, ce n’est pas possible. J’appelle mon mari: « Claude, Claude ! » Et à un moment, j’entends une voix d’outre-tombe : « Oui Christianne. » Je ne le voyais pas. Il était dans l’olivier. Il n’avait pas eu la force dans les bras pour se tenir à la grille. Il s’était lâché, et avec les talons avait donné une impulsion pour remonter à la surface. Il a attrapé une poubelle qui flottait, et puis il est allé se réfugier dans l’olivier. Il y est resté pendant cinq-six heures. Il ne pleuvait plu, il bruinait. «Christianne, je ne sais pas si je vais tenir.» Il fallait que je lui parle, pour qu’il tienne le coup. Les scaphandriers sont venus le chercher à 5 h du matin. Quand ils l’ont pris, il était couvert d’escarres tellement il avait forcé pour s’accrocher. C’était la Bérézina, on aurait dit la guerre avec toute cette boue. Tout avait été dévasté. J’avais vu tellement d’eau. Je me disais, il sait nager ce gosse, peut-être qu’ils vont me le retrouver, peut-être qu’il a pu... mais... c’était trop grave. Ils l’ont retrouvé le mardi, sur un arbre. C’est une petite fille qui l’a découvert en allant au jardin. Sébastien avait 42 ans, il vivait avec nous car il avait des problèmes de santé. Mon autre fils, Christophe, a 51 ans. Cela faisait 47 ans que l’on vivait dans cette maison. On est resté deux ans et demi dans un appartement à Carcassonne. Puis, on a fait construire ici. Nous n’avons jamais envisagé de partir. Je connais les gens ici, et je peux aller au cimetière à pied.</image:caption>
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      <image:title>Pierre Joseph Rouanet, 92 ans, retraité, VillegailhencLa veille, on avait fait un voyage avec le club occitan, nous sommes revenus à 23 h . Je suis allé directement me coucher. Vers 2 h du matin, quelque chose m’a réveillé. J’avais de l’eau dans la chambre, ça pissait dans ma chambre !Je suis monté dans le grenier pour mettre des bassines. Il y avait autant d’eau dans la cour. À un moment donné, la lumière a foutu le camp. Je me suis dit :« Je retourne au lit, je vis ma vie ! » J’avais trente centimètres dans la cuisine. Je me suis levé à 7 h du matin, j’ai écopé le reste. Quand je suis descendu au village, il y avait de l’eau jusqu’au-dessus du monument au mort. C’est là que j’ai réalisé qu’il y avait eu des inondations. Ma voisine, Valentine, est morte noyée.Je suis né dans une campagne qui appartenait à Montipèze à Aragon. Le village est mort. Il faut démolir la moitié du village à cause des inondations. Il y a cinquante ans, il n’y avait pas de moyen de locomotion. Il y avait le boulanger, le boucher, il y avait quatre voitures dans le village. On faisait tout à vélo. Le plus loin, c’était la fête locale à Conques ! Le long de la rivière, dans les maisons, personne n’habitait en bas, c’était des remises. Les gens d’ici savaient...Les anciens ne sont plus écoutés. Le pont a foutu le camp. Ils ont refait ce pont, et il partira à la prochaine inondation ! Aujourd’hui, ils ne savent pas construire des ponts. Il y a des cathédrales, des pyramides, elles tiennent, mais de nos jours, les bâtiments se dégradent vite. Le petit pont du village, lui, très ancien, n’est pas parti, les voitures s’y sont arrêtées. Il est fait de pierres assemblées, pas de ciment, et il ne part pas. Ils ont beau calculer tout ce qu’ils voudront, ce pont nouveau au cœur de Villegailhenc partira, moi je le vois comme ça.En 1921, le pont avait déjà foutu le camp, ce n’est pas la première fois.L’eau était rentrée dans la vieille église. Il y avait eu un mètre d’eau. Ça reviendra, il ne faut pas s’affoler, ça reviendra...</image:title>
      <image:caption>Pierre Joseph Rouanet, 92 ans, retraité, VillegailhencLa veille, on avait fait un voyage avec le club occitan, nous sommes revenus à 23 h . Je suis allé directement me coucher. Vers 2 h du matin, quelque chose m’a réveillé. J’avais de l’eau dans la chambre, ça pissait dans ma chambre !Je suis monté dans le grenier pour mettre des bassines. Il y avait autant d’eau dans la cour. À un moment donné, la lumière a foutu le camp. Je me suis dit :« Je retourne au lit, je vis ma vie ! » J’avais trente centimètres dans la cuisine. Je me suis levé à 7 h du matin, j’ai écopé le reste. Quand je suis descendu au village, il y avait de l’eau jusqu’au-dessus du monument au mort. C’est là que j’ai réalisé qu’il y avait eu des inondations. Ma voisine, Valentine, est morte noyée.Je suis né dans une campagne qui appartenait à Montipèze à Aragon. Le village est mort. Il faut démolir la moitié du village à cause des inondations. Il y a cinquante ans, il n’y avait pas de moyen de locomotion. Il y avait le boulanger, le boucher, il y avait quatre voitures dans le village. On faisait tout à vélo. Le plus loin, c’était la fête locale à Conques ! Le long de la rivière, dans les maisons, personne n’habitait en bas, c’était des remises. Les gens d’ici savaient...Les anciens ne sont plus écoutés. Le pont a foutu le camp. Ils ont refait ce pont, et il partira à la prochaine inondation ! Aujourd’hui, ils ne savent pas construire des ponts. Il y a des cathédrales, des pyramides, elles tiennent, mais de nos jours, les bâtiments se dégradent vite. Le petit pont du village, lui, très ancien, n’est pas parti, les voitures s’y sont arrêtées. Il est fait de pierres assemblées, pas de ciment, et il ne part pas. Ils ont beau calculer tout ce qu’ils voudront, ce pont nouveau au cœur de Villegailhenc partira, moi je le vois comme ça.En 1921, le pont avait déjà foutu le camp, ce n’est pas la première fois.L’eau était rentrée dans la vieille église. Il y avait eu un mètre d’eau. Ça reviendra, il ne faut pas s’affoler, ça reviendra...</image:caption>
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      <image:title>Michel Proust, 72 ans, maire de VillegailhencHumainement ça a été très fort. Quand je suis sorti de chez moi à 1 h du matin pour lancer le PCS [plan communal de sauvegarde], je ne voyais plus la maison de mon voisin tellement le rideau était fort. Il y avait déjà des véhicules de pompiers qui étaient arrivés pas loin de chez moi. On ne pouvait pas se rendre à la mairie pour lancer le PCS, j’ai pu seulement appeler les adjoints, mais tous les secteurs se trouvaient isolés. En pleine nuit, les secours ne pouvaient rien faire. Une embarcation a failli être emportée. De même pour les personnes qui étaient sur les toits, il a fallu attendre le matin pour les hélitreuiller avec des hélicoptères venus de Perpignan. À 5 h 30, on ne pouvait toujours pas accéder à l’autre côté du village. À 7 h 30, l’eau passait encore par-dessus. Dès qu’on a pu bouger, on a utilisé la cantine scolaire comme poste de secours et ce qui était d’ordre social était fait en mairie. L’eau, l’électricité et le téléphone étaient coupés. Plus d’Internet pendant plusieurs jours, donc impossible de faire les dossiers. On a mobilisé beaucoup d’entreprises, il fallait réagir vite. Les assurances ne voulaient pas que l’on touche les véhicules tant que les experts n’étaient pas venus. Je me suis pris un peu la tête avec la présidente des assurances au niveau national... parce qu’il fallait sauver les gens, les nourrir, nettoyer les maisons... Des bénévoles et des employés municipaux faisaient à manger, matin, midi et soir. On était présent 24 heures sur 24, et ce pendant pratiquement un mois. Tout s’est organisé très vite. Sur 860 foyers, soit 1 700 habitants, 430 étaient impactés. On a eu la chance d’être en octobre et que tous les gîtes des sites carcassonnais soient libres, donc on a pu reloger tout le monde rapidement. L’EPF [établissement public foncier] a assuré le traitement du fonds Barnier, ce fut une première en France. On n’aurait pas pu gérer ça, on était sur le terrain. Mais c’est moi, le maire, qui devait annoncer à la population concernée que leur maison allait être démolie. Les trois premières semaines, il y a eu des psychologues, ils faisaient aussi des permanences à la mairie. Il a aussi fallu gérer les dons. Parfois des camions arrivaient avec des matelas tachés, une chaussure sur deux... il fallait tout jeter ! On a eu un monsieur venu de Savoie, il était électricien. Il n’a même pas voulu qu’on le loge. Il campait sur le stade et il allait contrôler toutes les maisons avant de réenclencher le compteur une fois que tout avait été nettoyé. Il est venu quinze jours sur ses congés... Un traiteur est venu de Saint-Gaudens, un dimanche matin. Il est arrivé et nous a dit de mettre des tables et des chaises. Il a fait à manger pour quatre cents personnes ce jour-là !Dans ce genre de période, on perçoit l’être humain tel qu’il est... Mais c’est parfois désolant ! Je crois en l’être humain, mais pas au bon Dieu : avec l’arrivée des dons, on a dû virer des gens, faire intervenir les gendarmes. Des sinistrés ou non chargeaient leur voiture, prenaient tout et insultaient ceux qui s’occupaient des dons... Il y a vraiment des extrêmes. C’est là où on voit la vraie nature humaine.</image:title>
      <image:caption>Michel Proust, 72 ans, maire de VillegailhencHumainement ça a été très fort. Quand je suis sorti de chez moi à 1 h du matin pour lancer le PCS [plan communal de sauvegarde], je ne voyais plus la maison de mon voisin tellement le rideau était fort. Il y avait déjà des véhicules de pompiers qui étaient arrivés pas loin de chez moi. On ne pouvait pas se rendre à la mairie pour lancer le PCS, j’ai pu seulement appeler les adjoints, mais tous les secteurs se trouvaient isolés. En pleine nuit, les secours ne pouvaient rien faire. Une embarcation a failli être emportée. De même pour les personnes qui étaient sur les toits, il a fallu attendre le matin pour les hélitreuiller avec des hélicoptères venus de Perpignan. À 5 h 30, on ne pouvait toujours pas accéder à l’autre côté du village. À 7 h 30, l’eau passait encore par-dessus. Dès qu’on a pu bouger, on a utilisé la cantine scolaire comme poste de secours et ce qui était d’ordre social était fait en mairie. L’eau, l’électricité et le téléphone étaient coupés. Plus d’Internet pendant plusieurs jours, donc impossible de faire les dossiers. On a mobilisé beaucoup d’entreprises, il fallait réagir vite. Les assurances ne voulaient pas que l’on touche les véhicules tant que les experts n’étaient pas venus. Je me suis pris un peu la tête avec la présidente des assurances au niveau national... parce qu’il fallait sauver les gens, les nourrir, nettoyer les maisons... Des bénévoles et des employés municipaux faisaient à manger, matin, midi et soir. On était présent 24 heures sur 24, et ce pendant pratiquement un mois. Tout s’est organisé très vite. Sur 860 foyers, soit 1 700 habitants, 430 étaient impactés. On a eu la chance d’être en octobre et que tous les gîtes des sites carcassonnais soient libres, donc on a pu reloger tout le monde rapidement. L’EPF [établissement public foncier] a assuré le traitement du fonds Barnier, ce fut une première en France. On n’aurait pas pu gérer ça, on était sur le terrain. Mais c’est moi, le maire, qui devait annoncer à la population concernée que leur maison allait être démolie. Les trois premières semaines, il y a eu des psychologues, ils faisaient aussi des permanences à la mairie. Il a aussi fallu gérer les dons. Parfois des camions arrivaient avec des matelas tachés, une chaussure sur deux... il fallait tout jeter ! On a eu un monsieur venu de Savoie, il était électricien. Il n’a même pas voulu qu’on le loge. Il campait sur le stade et il allait contrôler toutes les maisons avant de réenclencher le compteur une fois que tout avait été nettoyé. Il est venu quinze jours sur ses congés... Un traiteur est venu de Saint-Gaudens, un dimanche matin. Il est arrivé et nous a dit de mettre des tables et des chaises. Il a fait à manger pour quatre cents personnes ce jour-là !Dans ce genre de période, on perçoit l’être humain tel qu’il est... Mais c’est parfois désolant ! Je crois en l’être humain, mais pas au bon Dieu : avec l’arrivée des dons, on a dû virer des gens, faire intervenir les gendarmes. Des sinistrés ou non chargeaient leur voiture, prenaient tout et insultaient ceux qui s’occupaient des dons... Il y a vraiment des extrêmes. C’est là où on voit la vraie nature humaine.</image:caption>
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      <image:title>Lino Giacomel, 14 ans, VillegailhencJe venais de rentrer en sixième, c’est un passage... Le lundi 15 octobre, il y avait une sortie scolaire prévue dans une grotte. Le dimanche soir, je prépare tout, le pique-nique, mes affaires, c’est la hype. Du coup, j’ai eu du mal à m’endormir. Je finis par m’endormir vers 1 h du matin, avec la pluie qui tombe sur le vélux de ma chambre. Ma mère vient me réveiller à 5 h avec la lampe de son téléphone : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas école; la mauvaise, c’est qu’il y a une catastrophe naturelle.»Je ne comprends pas, j’essaie d’allumer les lampes. Rien ne marche. Je descends les escaliers, le chien arrive à la nage. On est sorti de la maison à 8 h 30.Pour moi, ça s’est passé vite. Mes parents ne m’ont pas réveillé plus tôt, pour pas que je sois traumatisé. On a eu deux mètres quatre-vingts dans le salon. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le réveil, l’eau, la pluie qui fracasse mon vélux. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait à moi. Je ne m’attendais pas à vivre ça. À la moindre pluie, on y repense. Mais pourquoi on se ferait inonder une deuxième fois ? C’est quelque chose que je redoute, ça me traumatise vraiment. Je n’ai pas peur, mais je reste sur mes gardes. Je prévois de monter des affaires à l’étage. Je suis parti vivre chez ma grand-mère. Quand je suis revenu, je parlais beaucoup à mes copains. Ça m’a pas mal perturbé, car je devais prendre un bus à Ventenac à huit kilomètres d’ici, pour aller au collège. J’étais content de prendre le bus avec mes copains, et là je devais prendre le bus seul. Le trajet était long. Six mois après, on est revenu vivre ici.Ça fait quatre ans et les travaux ne sont pas tous finis, on n’a pas encore de cuisine. Pour une vie de cinquante ans, ce n’est peut-être pas long, mais pour moi qui n’ai que 14 ans, c’est long ! Une catastrophe naturelle, c’est quelque chose d’imprévu, subitement. Ce n’est pas la volonté de l’homme. Ça traumatise. On n’a pas eu de chance, c’est catastrophique, c’est comme ça.</image:title>
      <image:caption>Lino Giacomel, 14 ans, VillegailhencJe venais de rentrer en sixième, c’est un passage... Le lundi 15 octobre, il y avait une sortie scolaire prévue dans une grotte. Le dimanche soir, je prépare tout, le pique-nique, mes affaires, c’est la hype. Du coup, j’ai eu du mal à m’endormir. Je finis par m’endormir vers 1 h du matin, avec la pluie qui tombe sur le vélux de ma chambre. Ma mère vient me réveiller à 5 h avec la lampe de son téléphone : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas école; la mauvaise, c’est qu’il y a une catastrophe naturelle.»Je ne comprends pas, j’essaie d’allumer les lampes. Rien ne marche. Je descends les escaliers, le chien arrive à la nage. On est sorti de la maison à 8 h 30.Pour moi, ça s’est passé vite. Mes parents ne m’ont pas réveillé plus tôt, pour pas que je sois traumatisé. On a eu deux mètres quatre-vingts dans le salon. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le réveil, l’eau, la pluie qui fracasse mon vélux. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait à moi. Je ne m’attendais pas à vivre ça. À la moindre pluie, on y repense. Mais pourquoi on se ferait inonder une deuxième fois ? C’est quelque chose que je redoute, ça me traumatise vraiment. Je n’ai pas peur, mais je reste sur mes gardes. Je prévois de monter des affaires à l’étage. Je suis parti vivre chez ma grand-mère. Quand je suis revenu, je parlais beaucoup à mes copains. Ça m’a pas mal perturbé, car je devais prendre un bus à Ventenac à huit kilomètres d’ici, pour aller au collège. J’étais content de prendre le bus avec mes copains, et là je devais prendre le bus seul. Le trajet était long. Six mois après, on est revenu vivre ici.Ça fait quatre ans et les travaux ne sont pas tous finis, on n’a pas encore de cuisine. Pour une vie de cinquante ans, ce n’est peut-être pas long, mais pour moi qui n’ai que 14 ans, c’est long ! Une catastrophe naturelle, c’est quelque chose d’imprévu, subitement. Ce n’est pas la volonté de l’homme. Ça traumatise. On n’a pas eu de chance, c’est catastrophique, c’est comme ça.</image:caption>
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      <image:title>039_CQER-Archive_2</image:title>
      <image:caption>Images d'archives réalisées par les sinistrés.</image:caption>
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      <image:title>Pierre Visentin, 58 ans, agent de service technique à la mairie de Trèbes, VillalierQuand j’ai vécu les inondations, j’étais à Villalier, pas sur Trèbes. Le matin, je me préparais pour aller travailler. Pas de lumière. Et les pieds humides. Quelques fuites d’eau ? J’appelle mon chef, je lui dis que j’aurais du retard. Il me dit de ne pas venir. J’ouvre les volets, je vois le maire et des gens passer, emmitouflés. Je ne savais pas qu’il avait plu pendant la nuit. J’ai vécu quatre inondations dont celle de 1970, où il y avait eu quarante centimètres dans la maison à Trèbes où était ma mère. Je me souviens de mon père et de tout le voisinage dans le quartier de l’Aiguille ; quand il pleuvait, ils mettaient un bâton dans la rue pour voir le niveau de l’eau. Une heure après, on jaugeait si par rapport à cela il fallait monter les meubles ou pas. Je suis allé faire le petit-déjeuner pour des gens sinistrés. Le téléphone ne passait pas, les accès étaient fermés, j’étais sans nouvelles de ma mère.Sur les coups de midi, j’étais sur le pont de l’Orbiel. Un ancien pompier de Trèbes me dit que l’on peut y accéder difficilement, il y a des cailloux, des arbres sur la route... Mon frère m’appelle. Ma mère, 86 ans, avait un étage. Par précaution, on l’avait installée en bas pour qu’elle soit à proximité des toilettes. Je dis à mon frère : «Je le sens mal...» J’arrive à Trèbes, côté pont du canal, des bateaux sont sur le côté. La police municipale puis les pompiers m’arrêtent : « Tu ne peux pas y aller, c’est l’apocalypse.» Au dojo, je tombe sur des élus de la mairie de Trèbes: «Pierre, ta maman.» Quand le maire termine sa conversation, il me fait signe de venir, me serre la main, il me regarde. Ma mère était morte. Pas un mot. C’est le pire. J’étais anéanti. J’ai culpabilisé de l’avoir mise dans la chambre du bas. Elle a tout pris. Deux mètres dans la maison, de l’eau boueuse, froide, la porte qui s’ouvre dans le sens contraire... Je ne voulais pas entendre que ma mère était morte noyée. J’ai eu heureusement la confirmation de l’équipe de sauvetage qu’elle n’est pas morte noyée.La folie ! Du limon, de la terre. Affreux ! Quand vous voyez cette trace de limon sur la tapisserie... Je ne pouvais plus rien faire. Je ne pouvais pas rester chez moi. Je me suis mis à la disposition de la mairie de Villalier. Il fallait que je m’occupe l’esprit. J’ai repris le travail le jeudi. Le maire me voit : « Tu t’en vas, tu quittes le boulot, une semaine, un mois, je ne veux plus te voir.» Il a fait son rôle de A à Z. On est parti à la frontière suisse chez notre fille. La maison de ma mère a bénéficié du fonds Barnier, elle a été détruite. J’y passais tous les jours pour aller au travail. Tous les matins pendant deux ans et demi, j’avais l’impression que j’allais la voir à la fenêtre. Mes collègues me disaient de changer d’itinéraire. Mais je ne pouvais pas. Je rentrais dans la maison. Il y a eu du pillage. Il ne reste plus rien. J’ai repris le boulot après trois semaines. J’ai commencé à vider les maisons des autres.</image:title>
      <image:caption>Pierre Visentin, 58 ans, agent de service technique à la mairie de Trèbes, VillalierQuand j’ai vécu les inondations, j’étais à Villalier, pas sur Trèbes. Le matin, je me préparais pour aller travailler. Pas de lumière. Et les pieds humides. Quelques fuites d’eau ? J’appelle mon chef, je lui dis que j’aurais du retard. Il me dit de ne pas venir. J’ouvre les volets, je vois le maire et des gens passer, emmitouflés. Je ne savais pas qu’il avait plu pendant la nuit. J’ai vécu quatre inondations dont celle de 1970, où il y avait eu quarante centimètres dans la maison à Trèbes où était ma mère. Je me souviens de mon père et de tout le voisinage dans le quartier de l’Aiguille ; quand il pleuvait, ils mettaient un bâton dans la rue pour voir le niveau de l’eau. Une heure après, on jaugeait si par rapport à cela il fallait monter les meubles ou pas. Je suis allé faire le petit-déjeuner pour des gens sinistrés. Le téléphone ne passait pas, les accès étaient fermés, j’étais sans nouvelles de ma mère.Sur les coups de midi, j’étais sur le pont de l’Orbiel. Un ancien pompier de Trèbes me dit que l’on peut y accéder difficilement, il y a des cailloux, des arbres sur la route... Mon frère m’appelle. Ma mère, 86 ans, avait un étage. Par précaution, on l’avait installée en bas pour qu’elle soit à proximité des toilettes. Je dis à mon frère : «Je le sens mal...» J’arrive à Trèbes, côté pont du canal, des bateaux sont sur le côté. La police municipale puis les pompiers m’arrêtent : « Tu ne peux pas y aller, c’est l’apocalypse.» Au dojo, je tombe sur des élus de la mairie de Trèbes: «Pierre, ta maman.» Quand le maire termine sa conversation, il me fait signe de venir, me serre la main, il me regarde. Ma mère était morte. Pas un mot. C’est le pire. J’étais anéanti. J’ai culpabilisé de l’avoir mise dans la chambre du bas. Elle a tout pris. Deux mètres dans la maison, de l’eau boueuse, froide, la porte qui s’ouvre dans le sens contraire... Je ne voulais pas entendre que ma mère était morte noyée. J’ai eu heureusement la confirmation de l’équipe de sauvetage qu’elle n’est pas morte noyée.La folie ! Du limon, de la terre. Affreux ! Quand vous voyez cette trace de limon sur la tapisserie... Je ne pouvais plus rien faire. Je ne pouvais pas rester chez moi. Je me suis mis à la disposition de la mairie de Villalier. Il fallait que je m’occupe l’esprit. J’ai repris le travail le jeudi. Le maire me voit : « Tu t’en vas, tu quittes le boulot, une semaine, un mois, je ne veux plus te voir.» Il a fait son rôle de A à Z. On est parti à la frontière suisse chez notre fille. La maison de ma mère a bénéficié du fonds Barnier, elle a été détruite. J’y passais tous les jours pour aller au travail. Tous les matins pendant deux ans et demi, j’avais l’impression que j’allais la voir à la fenêtre. Mes collègues me disaient de changer d’itinéraire. Mais je ne pouvais pas. Je rentrais dans la maison. Il y a eu du pillage. Il ne reste plus rien. J’ai repris le boulot après trois semaines. J’ai commencé à vider les maisons des autres.</image:caption>
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      <image:title>Christelle Perez, 50 ans, bibliothécaire à Trèbes, avec ses fils, Clément, 16 ans, et Baptiste, 19 ans, Conques-sur-OrbielJe savais qu’il y avait une alerte orange. On en rigolait avec les amis sur les réseaux en disant : « Si en plus il y a des tuiles qui tombent ! » Toutes ces alertes, je ne m’en suis jamais préoccupée, car on n’a jamais vécu de catastrophe. Ma mère m’avait parlé des inondations dans le quartier de l’Aiguille. Les anciens mettaient des petits cailloux vers le camping, c’était leur instrument de mesure. Je me couche, pas plus inquiète que ça. Ma mère m’appelle et me demande de dormir à l’étage avec mes enfants. Je reste en bas avec mon jeune fils. Quand je me suis réveillée, j’ai trouvé qu’il pleuvait très fort. Ma mère m’envoie un texto :«Je suis sur le site Vigicrue, je trouve que ça monte vite.» Mais elle n’était pas trop inquiète. « Christelle prend des photos de tes pièces, prends les photos des enfants et monte ça à l’étage.» J’ai dit à mon petit, Clément, de monter. Il prend des petits bibelots, cela le rassurait. Ma mère me dit : « Ça monte, ça monte.» J’imaginais qu’on pouvait avoir cinquante centimètres, je ne voulais pas partir de chez moi. Je voulais sauver des affaires.Je réveille Baptiste pour qu’il m’aide. On a mis tout ce qu’on pouvait mettre en hauteur. On était inconscients, on ne se rendait pas compte de ce qui allait arriver. Je faisais des photos, on rigolait ! Je voyais l’eau monter, elle était à la moitié de mes roues de voiture. Ça, c’est la dernière image que j’ai du jardin. Entre 5 h 10 et 5 h 15, il a fallu se rendre à l’évidence : l’eau rentrait dans la maison. Grosse panique, j’étais en stress. On s’est replié dans la cuisine, puis on est monté à l’étage où on devait être en sécurité. L’eau est montée d’un coup, trois marches avant l’étage. On n’a plus de mesure exacte. Il fallait que l’on monte dans les combles. Il y avait un accès dans la salle de bains. C’est monté si vite, je me disais que ça pouvait encore monter. J’avais les jambes dans le trou de l’ouverture et avec la lumière du téléphone, je surveillais le niveau de l’eau. Il n’y avait pas de velux, alors Baptiste s’est mis au plus bas du toit et il a mis son dos par terre et avec les pieds... des tuiles ont cédés. On avait une ouverture vers l’extérieur. On n’est pas monté sur le toit. Baptiste a appelé les pompiers. Le gamin était calme, avec du sang-froid. Combien on est, mettez-vous à l’abri... avec toutes les recommandations. Il y a eu un glou glou... cette eau propre est devenue dégueulasse. On entendait des grondements, des cris. On pensait à nous, on a essayé de se sauver, et on n’a pas pensé aux voisins. Je m’entendais bien avec eux. Ils sont morts. C’était égoïste.On est resté cinq heures dans les combles, c’était interminable. On s’est mis à pleurer à tour de rôle. On a eu les pompiers plusieurs fois dans la nuit.À la fin, on leur disait : « Venez nous sauver, sinon on va crever ! » Ils disaient qu’ils allaient venir en barque. Mais ce n’était pas possible de passer en barque. Les hélicoptères étaient en route, je m’inquiétais avec les platanes... Je n’étais plus maîtresse de ma vie, c’est l’eau qui dirigeait ma vie. Je ne pouvais rien garantir à mes enfants, même si je les rassurais par des paroles. De savoir que l’on dépend des éléments naturels, c’est terrible. J’ai prié, j’ai prié mon père, j’ai ressenti sa présence. J’ai appelé les gens que j’aime pour leur dire ce qu’on vivait et leur dire au revoir. Les petits ont laissé un message à leur père. J’étais hors du temps. Le choc traumatique fait que le cerveau se met en « sécurité ». J’ai eu l’image de promener mon cerveau en laisse. Baptiste, mon aîné, a été notre maître, il nous a montré ce qu’il fallait faire. Par la suite, on avait besoin de parler de ce qu’on avait vécu, mais j’ai senti que les gens en avaient marre, il fallait passer à autre chose. J’ai besoin de tout, je n’ai plus rien, je suis rentrée chez ma mère avec un sac en lui disant: «Voilà, on va recommencer avec ça.»</image:title>
      <image:caption>Christelle Perez, 50 ans, bibliothécaire à Trèbes, avec ses fils, Clément, 16 ans, et Baptiste, 19 ans, Conques-sur-OrbielJe savais qu’il y avait une alerte orange. On en rigolait avec les amis sur les réseaux en disant : « Si en plus il y a des tuiles qui tombent ! » Toutes ces alertes, je ne m’en suis jamais préoccupée, car on n’a jamais vécu de catastrophe. Ma mère m’avait parlé des inondations dans le quartier de l’Aiguille. Les anciens mettaient des petits cailloux vers le camping, c’était leur instrument de mesure. Je me couche, pas plus inquiète que ça. Ma mère m’appelle et me demande de dormir à l’étage avec mes enfants. Je reste en bas avec mon jeune fils. Quand je me suis réveillée, j’ai trouvé qu’il pleuvait très fort. Ma mère m’envoie un texto :«Je suis sur le site Vigicrue, je trouve que ça monte vite.» Mais elle n’était pas trop inquiète. « Christelle prend des photos de tes pièces, prends les photos des enfants et monte ça à l’étage.» J’ai dit à mon petit, Clément, de monter. Il prend des petits bibelots, cela le rassurait. Ma mère me dit : « Ça monte, ça monte.» J’imaginais qu’on pouvait avoir cinquante centimètres, je ne voulais pas partir de chez moi. Je voulais sauver des affaires.Je réveille Baptiste pour qu’il m’aide. On a mis tout ce qu’on pouvait mettre en hauteur. On était inconscients, on ne se rendait pas compte de ce qui allait arriver. Je faisais des photos, on rigolait ! Je voyais l’eau monter, elle était à la moitié de mes roues de voiture. Ça, c’est la dernière image que j’ai du jardin. Entre 5 h 10 et 5 h 15, il a fallu se rendre à l’évidence : l’eau rentrait dans la maison. Grosse panique, j’étais en stress. On s’est replié dans la cuisine, puis on est monté à l’étage où on devait être en sécurité. L’eau est montée d’un coup, trois marches avant l’étage. On n’a plus de mesure exacte. Il fallait que l’on monte dans les combles. Il y avait un accès dans la salle de bains. C’est monté si vite, je me disais que ça pouvait encore monter. J’avais les jambes dans le trou de l’ouverture et avec la lumière du téléphone, je surveillais le niveau de l’eau. Il n’y avait pas de velux, alors Baptiste s’est mis au plus bas du toit et il a mis son dos par terre et avec les pieds... des tuiles ont cédés. On avait une ouverture vers l’extérieur. On n’est pas monté sur le toit. Baptiste a appelé les pompiers. Le gamin était calme, avec du sang-froid. Combien on est, mettez-vous à l’abri... avec toutes les recommandations. Il y a eu un glou glou... cette eau propre est devenue dégueulasse. On entendait des grondements, des cris. On pensait à nous, on a essayé de se sauver, et on n’a pas pensé aux voisins. Je m’entendais bien avec eux. Ils sont morts. C’était égoïste.On est resté cinq heures dans les combles, c’était interminable. On s’est mis à pleurer à tour de rôle. On a eu les pompiers plusieurs fois dans la nuit.À la fin, on leur disait : « Venez nous sauver, sinon on va crever ! » Ils disaient qu’ils allaient venir en barque. Mais ce n’était pas possible de passer en barque. Les hélicoptères étaient en route, je m’inquiétais avec les platanes... Je n’étais plus maîtresse de ma vie, c’est l’eau qui dirigeait ma vie. Je ne pouvais rien garantir à mes enfants, même si je les rassurais par des paroles. De savoir que l’on dépend des éléments naturels, c’est terrible. J’ai prié, j’ai prié mon père, j’ai ressenti sa présence. J’ai appelé les gens que j’aime pour leur dire ce qu’on vivait et leur dire au revoir. Les petits ont laissé un message à leur père. J’étais hors du temps. Le choc traumatique fait que le cerveau se met en « sécurité ». J’ai eu l’image de promener mon cerveau en laisse. Baptiste, mon aîné, a été notre maître, il nous a montré ce qu’il fallait faire. Par la suite, on avait besoin de parler de ce qu’on avait vécu, mais j’ai senti que les gens en avaient marre, il fallait passer à autre chose. J’ai besoin de tout, je n’ai plus rien, je suis rentrée chez ma mère avec un sac en lui disant: «Voilà, on va recommencer avec ça.»</image:caption>
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      <image:title>Jean Sentenac, 68 ans, vigneron, TrèbesDans la nuit, la rivière n’avait quasiment pas d’eau dans son lit. Il s’est mis à pleuvoir. Nous étions depuis quelque temps sous alerte orange, la énième de l’année. Cela fait cinq générations de vignerons que nous vivons sur ce domaine, donc nous sommes habitués à vivre avec la rivière à côté, avec des inondations. Ma grand-mère n’était pas née, elle est de l’année suivante, mais elle nous a toujours raconté l’inondation centennale de 1891. Ça avait été un cataclysme, avec des morts. La seule maison qui n’avait pas pris l’eau, c’était celle de la famille, où vit ma mère actuellement, car elle était surélevée. Il y a encore quelques années, ni mon père ni moi ne pensions que cela arriverait. Nous avons d’ailleurs construit un peu en dessous en 1988. À cette époque-là, il n’y avait pas d’interdiction. On avait surélevé la maison. Maintenant, c’est considéré comme zone inondable. Cette nuit-là, nous sommes allés nous coucher, il pleuvait fort. J’avais un avion à prendre et j’avais mis le réveil à 4 h . Mais ce n’est pas le réveil qui m’a réveillé, c’est le bruit des tonneaux de bar qu’on utilise comme mobilier devant la maison. Ils se percutaient. À 4 h 30, nous avions de l’eau devant la porte. C’était impressionnant car c’est monté à une vitesse colossale. À ce stade-là, je ne pensais pas que nous aurions de l’eau dans la maison. Nous n’avions rien préparé, nous n’avions pas mis les batardeaux... Mais cela aurait été inutile. Nous n’avons pas eu le temps de sauver quoi que ce soit, voitures, tracteurs... Le temps d’aller chercher un tracteur, j’ai failli me faire embarquer. Je pensais que c’était le maximum qu’il pouvait tomber. Mais il continuait à pleuvoir, toujours aussi fort, aussi dense. À un moment donné, ça s’est stabilisé vers 6 h 30-7 h . Il faisait encore nuit. J’ai repris un peu d’espoir. Et puis en vingt minutes, il est arrivé un mètre de plus. L’eau rentrait dans la maison. On a sauvé l’ordinateur et des papiers, puis on est allé se réfugier à l’étage. Je savais que ma mère, à côté, était surélevée. Je ne voulais pas l’affoler. On avait des arbres qui passaient devant la porte. On a attendu. J’avais de l’eau à mi-cuisse. La décrue s’est amorcée très lentement. On a perdu un chien, l’autre s’est réfugié en haut d’un tas de ferraille.Les trois premiers jours, plus d’électricité, plus d’eau. L’eau n’est pas rentrée chez ma mère, à dix centimètres près ! On a passé quasiment la journée du lundi sans communiquer. Ma mère avait 86 ans. Elle a la culture de la vie au bord de l’eau, elle ne pensait pas vivre ça.Cette vague qui nous a vraiment submergés, le canal qui a crevé ; l’Orbiel et ses affluents, le Trapel qui ont amené tellement d’eau dans la plaine de Villalier et de Malves... Les arches du pont-canal où passe l’Orbiel étaient bouchées par des embâcles, et l’eau a débordé et est passée dans le canal. C’est comme un barrage qui pète. Donc on a eu un mètre d’eau supplémentaire. C’est ce qui s’est passé en 1895, le canal avait crevé. Il faut nettoyer le lit de la rivière. Nous avons eu des dégâts considérables dans les vignes, un mètre soixante d’eau sur quarante-deux hectares ! La cave était submergée. On venait de finir les vendanges, j’avais des cuves en fermentation, des cuves souterraines. La perte s’élève à plus de deux cents hectolitres de vin. Tous les équipements étaient sous l’eau. On a dû redresser les vignes. Les pieds avaient tenu, couchés. Avec beaucoup de travail, d’aide de voisins, de vignerons venus de loin, on a pu tailler. Il y a eu beaucoup de solidarité. Pratiquement deux mois après, il y avait cent vingt personnes sur le domaine. Au travers des syndicats professionnels, des vignerons du Gard sont venus nous aider. En plus, c’étaient des pros ! La vigne est une plante extraordinaire, à force de travail et de remise en état, on a planté des milliers de piques. Quelques parcelles ont été très ravinées et on n’a même pas replanté dessus, mais c’est moins de 1 % du domaine. L’eau est montée tellement haut, elle n’a pas tellement raviné le sol, au contraire elle a déposé du limon. On travaillait jour et nuit pour remettre à niveau le vignoble. La vigne a une telle résilience qu’on a eu une bonne récolte l’année suivante, dans la moyenne des dix dernières années. J’ai fait pas loin d’une vingtaine de déclarations aux assurances. Elles ont bien joué le jeu. Nous avons eu rapidement deux tracteurs neufs. On a réparé deux vieux tracteurs, et beaucoup d’autres matériels. On a fait du tri, on n’a pas tout remplacé, on a réparé. On a sauvé une partie du vin en cave, car elle était fermée. Mais la force de l’eau est inimaginable. L’Aude passait dans la cave avec des troncs d’arbres. Des cuves sont sorties et ont été retrouvées à une centaine de mètres dans les vignes. On voyait les canalisations sur le chemin pour venir à la maison. On a eu trois camions de plus de trente tonnes de gravier pour pouvoir passer. Puis on a eu le Covid et la gelée noire (c’est sec et on descend à - 5 ou – 6 et ça devient marron). On a passé trois à quatre ans à remettre à jour le matériel, donc pendant ce temps on n’a pas investi dans l’innovation. Nous sommes dans une accélération de phénomènes que l’on n’a jamais connus.</image:title>
      <image:caption>Jean Sentenac, 68 ans, vigneron, TrèbesDans la nuit, la rivière n’avait quasiment pas d’eau dans son lit. Il s’est mis à pleuvoir. Nous étions depuis quelque temps sous alerte orange, la énième de l’année. Cela fait cinq générations de vignerons que nous vivons sur ce domaine, donc nous sommes habitués à vivre avec la rivière à côté, avec des inondations. Ma grand-mère n’était pas née, elle est de l’année suivante, mais elle nous a toujours raconté l’inondation centennale de 1891. Ça avait été un cataclysme, avec des morts. La seule maison qui n’avait pas pris l’eau, c’était celle de la famille, où vit ma mère actuellement, car elle était surélevée. Il y a encore quelques années, ni mon père ni moi ne pensions que cela arriverait. Nous avons d’ailleurs construit un peu en dessous en 1988. À cette époque-là, il n’y avait pas d’interdiction. On avait surélevé la maison. Maintenant, c’est considéré comme zone inondable. Cette nuit-là, nous sommes allés nous coucher, il pleuvait fort. J’avais un avion à prendre et j’avais mis le réveil à 4 h . Mais ce n’est pas le réveil qui m’a réveillé, c’est le bruit des tonneaux de bar qu’on utilise comme mobilier devant la maison. Ils se percutaient. À 4 h 30, nous avions de l’eau devant la porte. C’était impressionnant car c’est monté à une vitesse colossale. À ce stade-là, je ne pensais pas que nous aurions de l’eau dans la maison. Nous n’avions rien préparé, nous n’avions pas mis les batardeaux... Mais cela aurait été inutile. Nous n’avons pas eu le temps de sauver quoi que ce soit, voitures, tracteurs... Le temps d’aller chercher un tracteur, j’ai failli me faire embarquer. Je pensais que c’était le maximum qu’il pouvait tomber. Mais il continuait à pleuvoir, toujours aussi fort, aussi dense. À un moment donné, ça s’est stabilisé vers 6 h 30-7 h . Il faisait encore nuit. J’ai repris un peu d’espoir. Et puis en vingt minutes, il est arrivé un mètre de plus. L’eau rentrait dans la maison. On a sauvé l’ordinateur et des papiers, puis on est allé se réfugier à l’étage. Je savais que ma mère, à côté, était surélevée. Je ne voulais pas l’affoler. On avait des arbres qui passaient devant la porte. On a attendu. J’avais de l’eau à mi-cuisse. La décrue s’est amorcée très lentement. On a perdu un chien, l’autre s’est réfugié en haut d’un tas de ferraille.Les trois premiers jours, plus d’électricité, plus d’eau. L’eau n’est pas rentrée chez ma mère, à dix centimètres près ! On a passé quasiment la journée du lundi sans communiquer. Ma mère avait 86 ans. Elle a la culture de la vie au bord de l’eau, elle ne pensait pas vivre ça.Cette vague qui nous a vraiment submergés, le canal qui a crevé ; l’Orbiel et ses affluents, le Trapel qui ont amené tellement d’eau dans la plaine de Villalier et de Malves... Les arches du pont-canal où passe l’Orbiel étaient bouchées par des embâcles, et l’eau a débordé et est passée dans le canal. C’est comme un barrage qui pète. Donc on a eu un mètre d’eau supplémentaire. C’est ce qui s’est passé en 1895, le canal avait crevé. Il faut nettoyer le lit de la rivière. Nous avons eu des dégâts considérables dans les vignes, un mètre soixante d’eau sur quarante-deux hectares ! La cave était submergée. On venait de finir les vendanges, j’avais des cuves en fermentation, des cuves souterraines. La perte s’élève à plus de deux cents hectolitres de vin. Tous les équipements étaient sous l’eau. On a dû redresser les vignes. Les pieds avaient tenu, couchés. Avec beaucoup de travail, d’aide de voisins, de vignerons venus de loin, on a pu tailler. Il y a eu beaucoup de solidarité. Pratiquement deux mois après, il y avait cent vingt personnes sur le domaine. Au travers des syndicats professionnels, des vignerons du Gard sont venus nous aider. En plus, c’étaient des pros ! La vigne est une plante extraordinaire, à force de travail et de remise en état, on a planté des milliers de piques. Quelques parcelles ont été très ravinées et on n’a même pas replanté dessus, mais c’est moins de 1 % du domaine. L’eau est montée tellement haut, elle n’a pas tellement raviné le sol, au contraire elle a déposé du limon. On travaillait jour et nuit pour remettre à niveau le vignoble. La vigne a une telle résilience qu’on a eu une bonne récolte l’année suivante, dans la moyenne des dix dernières années. J’ai fait pas loin d’une vingtaine de déclarations aux assurances. Elles ont bien joué le jeu. Nous avons eu rapidement deux tracteurs neufs. On a réparé deux vieux tracteurs, et beaucoup d’autres matériels. On a fait du tri, on n’a pas tout remplacé, on a réparé. On a sauvé une partie du vin en cave, car elle était fermée. Mais la force de l’eau est inimaginable. L’Aude passait dans la cave avec des troncs d’arbres. Des cuves sont sorties et ont été retrouvées à une centaine de mètres dans les vignes. On voyait les canalisations sur le chemin pour venir à la maison. On a eu trois camions de plus de trente tonnes de gravier pour pouvoir passer. Puis on a eu le Covid et la gelée noire (c’est sec et on descend à - 5 ou – 6 et ça devient marron). On a passé trois à quatre ans à remettre à jour le matériel, donc pendant ce temps on n’a pas investi dans l’innovation. Nous sommes dans une accélération de phénomènes que l’on n’a jamais connus.</image:caption>
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      <image:loc>https://storage.neonsky.app/5c585a6cd8b63/images/gorh50lh_p98vcni2_d612fl_13_CQER_13-DAV202211-N23-0112-32_thumb.jpg</image:loc>
      <image:title>Marie-Thérèse Brassens, 68 ans, retraitée, TrèbesLa veille, il y avait eu une alerte orange, mais je n’avais pas d’appréhension. Dans la nuit, mon chat, d’habitude calme et paisible, s’est mis à miauler et m’a réveillée. Je suis descendue, il y avait de l’eau le long du couloir. J’étais un peu endormie, j’ai pris une serpillère et j’ai commencé à éponger, mais l’eau continuait de rentrer. D’un seul coup, un chuintement très fort : l’eau rentrait en cascade par la fenêtre. Il était 5 h 30-6 h. L’eau est montée très vite, une marche, deux marches, trois marches... Là, j’ai commencé à avoir peur. J’ai voulu appeler les pompiers, mais dans la panique j’ai appelé la gendarmerie. Un jeune, très gentil, à qui j’explique la situation, me pose une question qui me restera tout le temps : « Est-ce que vous avez un étage ? » Je lui réponds que oui. «Restez à l’étage et si l’eau monte, grimpez sur un meuble...»J’entendais l’eau rentrer, et les bruits... des casseroles qui s’entrechoquaient, des craquements, des meubles qui se levaient, le canapé à la verticale, la maison en vrac... Le bruit, c’est ça qui m’a le plus marquée. J’avais une cuisine vivante, tout tombait, les verres, les assiettes, les meubles se cognaient les uns contre les autres, une cloison s’est percée...J’ai pensé à ma voisine qui a 96 ans. J’avais peur qu’elle descende et qu’il lui arrive malheur. Je suis allée à la fenêtre et on se faisait signe avec nos piles pour se dire bonjour. Ma voiture s’est mise à clignoter, j’ai cru que les pompiers arrivaient, j’étais perdue, sidérée, en état de choc. La décrue s’est amorcée. Sans vraiment réaliser ce qui se passait, j’ai pris une éponge et j’ai nettoyé mes marches. C’était mécanique, sans avoir conscience de la gravité de ce qui venait d’arriver.Et puis le matin, j’ai vu la boue dans mon salon, et j’ai compris que j’avais perdu beaucoup de choses. C’est une voisine qui est venue. Elle m’a dit : « Ouvre les portes pour que l’eau sorte.» Il restait encore de l’eau et je n’avais même pas eu ce réflexe. J’étais vraiment sous le choc. Puis la solidarité s’est installée de suite, la famille, les amis, les institutions. J’étais plus chez moi. Ça allait, ça venait, on m’enlevait mes meubles, on me faisait la vaisselle. C’était une obsession, il fallait que je reste chez moi. Une psychologue est venue. J’ai eu l’impression d’être portée, bien accompagnée. Je n’ai jamais eu l’idée de partir. Je me suis dit : « Essaie de reconstruire, si ça reproduit, tu partiras.» Ça fait vingt-six ans que je vis ici. Je n’ai pas peur de rester. Je ne pouvais plus rester au rez-de-chaussée, je ne voulais plus voir. Dans un premier temps, je suis allée chez des amis, puis je suis restée au premier étage. J’ai perdu ma mère en janvier 2019, d’un cancer généralisé ; le 5 janvier, mon petit-fils est né avec un problème d’AVC in utero ; le 1er juillet 2019, mon frère a été découvert mort chez lui brutalement ; en février 2020, le père de mes enfants s’est éteint... Je me suis dit : « Tu n’as pas le choix, il faut avancer. » Cet évènement m’a beaucoup changée.</image:title>
      <image:caption>Marie-Thérèse Brassens, 68 ans, retraitée, TrèbesLa veille, il y avait eu une alerte orange, mais je n’avais pas d’appréhension. Dans la nuit, mon chat, d’habitude calme et paisible, s’est mis à miauler et m’a réveillée. Je suis descendue, il y avait de l’eau le long du couloir. J’étais un peu endormie, j’ai pris une serpillère et j’ai commencé à éponger, mais l’eau continuait de rentrer. D’un seul coup, un chuintement très fort : l’eau rentrait en cascade par la fenêtre. Il était 5 h 30-6 h. L’eau est montée très vite, une marche, deux marches, trois marches... Là, j’ai commencé à avoir peur. J’ai voulu appeler les pompiers, mais dans la panique j’ai appelé la gendarmerie. Un jeune, très gentil, à qui j’explique la situation, me pose une question qui me restera tout le temps : « Est-ce que vous avez un étage ? » Je lui réponds que oui. «Restez à l’étage et si l’eau monte, grimpez sur un meuble...»J’entendais l’eau rentrer, et les bruits... des casseroles qui s’entrechoquaient, des craquements, des meubles qui se levaient, le canapé à la verticale, la maison en vrac... Le bruit, c’est ça qui m’a le plus marquée. J’avais une cuisine vivante, tout tombait, les verres, les assiettes, les meubles se cognaient les uns contre les autres, une cloison s’est percée...J’ai pensé à ma voisine qui a 96 ans. J’avais peur qu’elle descende et qu’il lui arrive malheur. Je suis allée à la fenêtre et on se faisait signe avec nos piles pour se dire bonjour. Ma voiture s’est mise à clignoter, j’ai cru que les pompiers arrivaient, j’étais perdue, sidérée, en état de choc. La décrue s’est amorcée. Sans vraiment réaliser ce qui se passait, j’ai pris une éponge et j’ai nettoyé mes marches. C’était mécanique, sans avoir conscience de la gravité de ce qui venait d’arriver.Et puis le matin, j’ai vu la boue dans mon salon, et j’ai compris que j’avais perdu beaucoup de choses. C’est une voisine qui est venue. Elle m’a dit : « Ouvre les portes pour que l’eau sorte.» Il restait encore de l’eau et je n’avais même pas eu ce réflexe. J’étais vraiment sous le choc. Puis la solidarité s’est installée de suite, la famille, les amis, les institutions. J’étais plus chez moi. Ça allait, ça venait, on m’enlevait mes meubles, on me faisait la vaisselle. C’était une obsession, il fallait que je reste chez moi. Une psychologue est venue. J’ai eu l’impression d’être portée, bien accompagnée. Je n’ai jamais eu l’idée de partir. Je me suis dit : « Essaie de reconstruire, si ça reproduit, tu partiras.» Ça fait vingt-six ans que je vis ici. Je n’ai pas peur de rester. Je ne pouvais plus rester au rez-de-chaussée, je ne voulais plus voir. Dans un premier temps, je suis allée chez des amis, puis je suis restée au premier étage. J’ai perdu ma mère en janvier 2019, d’un cancer généralisé ; le 5 janvier, mon petit-fils est né avec un problème d’AVC in utero ; le 1er juillet 2019, mon frère a été découvert mort chez lui brutalement ; en février 2020, le père de mes enfants s’est éteint... Je me suis dit : « Tu n’as pas le choix, il faut avancer. » Cet évènement m’a beaucoup changée.</image:caption>
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      <image:title>Mireille Mons, 49 ans, aide-soignante à l’Ehpad de TrèbesLe soir, quand on est arrivé, on a fait les transmissions. Mes collègues, avant de partir, ont dit : « Que le toit ne vous tombe pas sur la tête ! » Le vent continuait à souffler. Je n’ai pas de notion du temps. Il y avait plein d’eau. Une dame était par terre en plein milieu du couloir, on l’a relevée, changée... et puis tout s’est enchaîné. On est resté très calme, même les résidents. On les a montés au premier étage. Il en restait cinq que l’on n’a pas pu monter, alors on les a suspendus avec des filets pendant au moins deux ou trois heures. Une dame criait parce qu’elle avait mal. Pendant longtemps, chaque soir en allant me coucher, je l’entendais. L’ascenseur fonctionnait au départ, mais en cas d’inondation, on n’a pas le droit de l’utiliser. Puis il n’a plus fonctionné. On a essayé de monter un monsieur, mais on n’arrivait pas à le soulever. Les trappes de désenfumage se sont ouvertes, il pleuvait à l’intérieur.Là, je me suis sentie désespérée. Je ne sais pas si les résidents réalisaient. Ma collègue était très calme. On a trouvé un équilibre pour faire face. Avec le jour, on a vu la route près de l’Ehpad, elle était ouverte comme s’il y avait eu une bombe. Quand les pompiers sont venus nous aider à détacher les malades, ils nous ont dit : « On est venu taper deux fois dans la nuit, mais vous n’avez pas répondu. » Et ils nous ont laissés. Est-ce que c’était vrai, ou pas... je ne comprends pas que les pompiers nous aient laissés comme ça. J’y repense encore, et ne pas avoir de réponse... Ils ont évacué les résidents, les ont dispersés. Je me suis posé la question de savoir si je devais partir. Mais pour aller où ? Il fallait que je me confronte peut-être à la structure avant d’envisager de partir, et finalement j’y suis restée. Lors de l’inondation, on était dans l’action, tout était noir. C’est après que ça a été dur.</image:title>
      <image:caption>Mireille Mons, 49 ans, aide-soignante à l’Ehpad de TrèbesLe soir, quand on est arrivé, on a fait les transmissions. Mes collègues, avant de partir, ont dit : « Que le toit ne vous tombe pas sur la tête ! » Le vent continuait à souffler. Je n’ai pas de notion du temps. Il y avait plein d’eau. Une dame était par terre en plein milieu du couloir, on l’a relevée, changée... et puis tout s’est enchaîné. On est resté très calme, même les résidents. On les a montés au premier étage. Il en restait cinq que l’on n’a pas pu monter, alors on les a suspendus avec des filets pendant au moins deux ou trois heures. Une dame criait parce qu’elle avait mal. Pendant longtemps, chaque soir en allant me coucher, je l’entendais. L’ascenseur fonctionnait au départ, mais en cas d’inondation, on n’a pas le droit de l’utiliser. Puis il n’a plus fonctionné. On a essayé de monter un monsieur, mais on n’arrivait pas à le soulever. Les trappes de désenfumage se sont ouvertes, il pleuvait à l’intérieur.Là, je me suis sentie désespérée. Je ne sais pas si les résidents réalisaient. Ma collègue était très calme. On a trouvé un équilibre pour faire face. Avec le jour, on a vu la route près de l’Ehpad, elle était ouverte comme s’il y avait eu une bombe. Quand les pompiers sont venus nous aider à détacher les malades, ils nous ont dit : « On est venu taper deux fois dans la nuit, mais vous n’avez pas répondu. » Et ils nous ont laissés. Est-ce que c’était vrai, ou pas... je ne comprends pas que les pompiers nous aient laissés comme ça. J’y repense encore, et ne pas avoir de réponse... Ils ont évacué les résidents, les ont dispersés. Je me suis posé la question de savoir si je devais partir. Mais pour aller où ? Il fallait que je me confronte peut-être à la structure avant d’envisager de partir, et finalement j’y suis restée. Lors de l’inondation, on était dans l’action, tout était noir. C’est après que ça a été dur.</image:caption>
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      <image:title>Nordin El-Faquir, 48 ans, employé au Super U de TrèbesCe jour-là, comme tous les matins, je vais travailler. Ma femme avait écouté la météo, elle ne voulait pas trop que j’y aille. Je l’ai rassurée, et je suis parti au travail. La route était un peu inondée. J’arrive le premier au Super U, il est 4 h 45. Puis le reste de l’équipe arrive.Avec l’heure qui avance, on voyait l’eau monter, monter, monter... Nous sommes allés nous réfugier au niveau des bureaux au premier étage. On avait l’électricité, c’était chauffé, on avait tout, même le café ! Au vu de la situation, j’ai eu envie de rentrer chez moi, mais mon chef me l’a interdit. Par contre, j’ai insisté pour aller garer ma voiture plus haut. Le reste de l’équipe a fait de même. En revenant au magasin, on avait de l’eau aux genoux.Nous étions dans le bureau de la gérante. On ne pouvait rien faire. Et puis, plus d’électricité. Les alarmes incendies et intrusion se sont déclenchées. Nous avions les sirènes qui hurlaient dans les oreilles, ça a duré toute la matinée. C’est auto-alimenté, j’ai donc donné un coup de cutter au niveau des fils de l’alarme intrusion. Mais l’alarme incendie continuait. J’ai colmaté, mais on l’entendait toujours. On était tous mouillés jusqu’à la taille. J’ai mis des sacs-poubelles à chaque jambe, puis je suis allé chercher quelque chose à manger pour l’équipe : dans le magasin, tout flottait... Au bout d’un moment, on n’avait plus de batterie. Sauf Florian qui avait un téléphone à clapet. Chacun y mettait sa puce à tour de rôle pour prévenir sa famille. Une murette était tombée chez moi, je voulais partir, mais mon chef et une collègue m’ont retenu. Je ne voyais pas l’eau comme un danger, je me disais que je pouvais nager, je n’avais pas peur. Avec du recul, je réalise que c’était inconscient de vouloir sortir. Je pense qu’on est sorti à 14 h 30, avec le camion de pompiers. C’est l’associé de mon chef qui m’a ramené à la maison. Pendant les trois mois qui ont suivi, je suis resté auprès de ma femme qui avait besoin de moi, puis j’ai repris le travail.</image:title>
      <image:caption>Nordin El-Faquir, 48 ans, employé au Super U de TrèbesCe jour-là, comme tous les matins, je vais travailler. Ma femme avait écouté la météo, elle ne voulait pas trop que j’y aille. Je l’ai rassurée, et je suis parti au travail. La route était un peu inondée. J’arrive le premier au Super U, il est 4 h 45. Puis le reste de l’équipe arrive.Avec l’heure qui avance, on voyait l’eau monter, monter, monter... Nous sommes allés nous réfugier au niveau des bureaux au premier étage. On avait l’électricité, c’était chauffé, on avait tout, même le café ! Au vu de la situation, j’ai eu envie de rentrer chez moi, mais mon chef me l’a interdit. Par contre, j’ai insisté pour aller garer ma voiture plus haut. Le reste de l’équipe a fait de même. En revenant au magasin, on avait de l’eau aux genoux.Nous étions dans le bureau de la gérante. On ne pouvait rien faire. Et puis, plus d’électricité. Les alarmes incendies et intrusion se sont déclenchées. Nous avions les sirènes qui hurlaient dans les oreilles, ça a duré toute la matinée. C’est auto-alimenté, j’ai donc donné un coup de cutter au niveau des fils de l’alarme intrusion. Mais l’alarme incendie continuait. J’ai colmaté, mais on l’entendait toujours. On était tous mouillés jusqu’à la taille. J’ai mis des sacs-poubelles à chaque jambe, puis je suis allé chercher quelque chose à manger pour l’équipe : dans le magasin, tout flottait... Au bout d’un moment, on n’avait plus de batterie. Sauf Florian qui avait un téléphone à clapet. Chacun y mettait sa puce à tour de rôle pour prévenir sa famille. Une murette était tombée chez moi, je voulais partir, mais mon chef et une collègue m’ont retenu. Je ne voyais pas l’eau comme un danger, je me disais que je pouvais nager, je n’avais pas peur. Avec du recul, je réalise que c’était inconscient de vouloir sortir. Je pense qu’on est sorti à 14 h 30, avec le camion de pompiers. C’est l’associé de mon chef qui m’a ramené à la maison. Pendant les trois mois qui ont suivi, je suis resté auprès de ma femme qui avait besoin de moi, puis j’ai repris le travail.</image:caption>
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      <image:title>040_CQER-Archves_3</image:title>
      <image:caption>Images d'archives réalisées par les sinistrés.</image:caption>
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      <image:title>Jean-Philippe Roucoule, 43 ans, électricien, Saint-HilaireÀ 6 h du matin, devant la maison, il y avait de l’eau, on ne savait pas si c’était le début ou la fin. J’ai deux filles de 2 et 6 ans. Ma femme a pris les petites pour monter en hauteur chez mes parents. On a pris le camion avec un copain. On est passé par en haut. On arrive au pont. Les pompiers nous ont arrêtés. On a fait demi-tour. On est retourné au pont vingt minutes après. Ma grand-mère maternelle est âgée de 96 ans. Elle habite près de la rivière. On avait installé son lit au rez-de-chaussée quelques jours avant. On décide de passer derrière l’école. Il y a un mètre cinquante d’eau dans le lotissement. Là, on a été inconscients. On traverse et passe les grillages pour aller chez ma grand-mère. La porte était bloquée, on finit par rentrer. Ma grand-mère était là, elle flottait sur un mètre cinquante d’eau. Je ne sais pas si elle comprenait. Tout a explosé et tout est rentré par les fenêtres. Elle était réveillée, mais elle ne nous disait rien. Elle n’a pas bougé et c’est cela qui lui a sauvé la vie. On l’a porté à deux pour la mettre à l’étage. Je lui ai mis des couvertures. On ne pouvait pas la ramener à pied. L’eau commençait à redescendre. Toujours pas de téléphone. Il était 6 h 45. Pour elle, c’était un rêve, elle n’a pas vraiment réalisé. Puis elle est partie vivre chez ma mère.Tout le monde a arrêté de vivre, et on a fait du nettoyage...</image:title>
      <image:caption>Jean-Philippe Roucoule, 43 ans, électricien, Saint-HilaireÀ 6 h du matin, devant la maison, il y avait de l’eau, on ne savait pas si c’était le début ou la fin. J’ai deux filles de 2 et 6 ans. Ma femme a pris les petites pour monter en hauteur chez mes parents. On a pris le camion avec un copain. On est passé par en haut. On arrive au pont. Les pompiers nous ont arrêtés. On a fait demi-tour. On est retourné au pont vingt minutes après. Ma grand-mère maternelle est âgée de 96 ans. Elle habite près de la rivière. On avait installé son lit au rez-de-chaussée quelques jours avant. On décide de passer derrière l’école. Il y a un mètre cinquante d’eau dans le lotissement. Là, on a été inconscients. On traverse et passe les grillages pour aller chez ma grand-mère. La porte était bloquée, on finit par rentrer. Ma grand-mère était là, elle flottait sur un mètre cinquante d’eau. Je ne sais pas si elle comprenait. Tout a explosé et tout est rentré par les fenêtres. Elle était réveillée, mais elle ne nous disait rien. Elle n’a pas bougé et c’est cela qui lui a sauvé la vie. On l’a porté à deux pour la mettre à l’étage. Je lui ai mis des couvertures. On ne pouvait pas la ramener à pied. L’eau commençait à redescendre. Toujours pas de téléphone. Il était 6 h 45. Pour elle, c’était un rêve, elle n’a pas vraiment réalisé. Puis elle est partie vivre chez ma mère.Tout le monde a arrêté de vivre, et on a fait du nettoyage...</image:caption>
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      <image:title>Suzanne, 65 ans, et Jean Bonnarel, 69 ans, retraités, Saint-HilaireJean – Vers 4 h du matin, j’ai été réveillé par un éclair dans la climatisation. Les toilettes faisaient « glouglou ». Je suis allé à la fenêtre de la chambre et l’eau atteignait le rebord de fenêtre. Un mètre quarante d’eau. Quand j’ai vu ça, j’ai dit qu’il fallait s’habiller et s’en aller. On a essayé de sortir, mais impossible d’ouvrir la porte.Suzanne – J’ai appelé les pompiers, ils m’ont dit qu’ils allaient venir. Ils m’ont dit de débrancher tout ce que je pouvais. J’ai pris un sac et j’ai mis tout ce que je pouvais (chéquiers, lunettes, portefeuille, livret de famille...). J’ai rappelé les pompiers, je leur ai dit que s’ils ne venaient pas, ils auraient deux morts. J’ai peur de l’eau, je ne sais pas nager. Les portes se sont dégondées.On a pris deux chaises dans la cuisine, on est monté dessus et on est resté comme ça une heure, main dans la main, à attendre. Au bout d’une heure, une heure et demie, on a vu une clarté par la vitre, c’était le voisin qui criait pour voir si on était en vie.Jean – Je suis allé en nageant à la porte pour le prévenir. Il a ouvert la porte-fenêtre et il est parti cinq mètres en arrière. J’ai cru qu’il allait y passer.Suzanne – Il m’a pris sur son dos et on est sorti. Si on avait réussi à ouvrir la porte, l’eau serait montée d’un coup et nous aurait emportés ou rabattus comme les meubles. Ma voisine m’a dit : « Je vous ai cru morts noyés. » Il y avait tellement de remous chez nous.Jean – En face, ils avaient deux mètres d’eau. Je pensais que c’était le Lauquet qui nous avait inondés, et quand on m’a dit une vague, je n’y croyais pas. La vague est passée par-dessus les maisons. Et la boue partout. Des gens sont venus, pas pour bader mais pour nous aider, comme les jeunes agriculteurs de Castel, la famille...Suzanne – Partir d’ici ? Moi, ça m’a titillée.Jean – Moi non, le Lauquet, je l’ai toujours vu monter, comme en 1999, il était monté jusqu’au petit muret. Au bout d’un mois, les plâtres étaient secs. On a voulu revenir. C’est là que cela a été dur.Suzanne – On est revenu en mars, on a fait notre premier repas de famille. On n’a pas vu de psychologue. On a beaucoup parlé avec la famille.Jean – Aujourd’hui, s’il remonte, on s’en va. Mais ce qui est arrivé, c’est une vague, pas une inondation. Quand je le vois monter, j’ai la trouille, mais il faut arriver à surmonter cette peur. La chose que je regrette, c’est d’avoir perdu le carnet de 14-18 de mon grand-père.</image:title>
      <image:caption>Suzanne, 65 ans, et Jean Bonnarel, 69 ans, retraités, Saint-HilaireJean – Vers 4 h du matin, j’ai été réveillé par un éclair dans la climatisation. Les toilettes faisaient « glouglou ». Je suis allé à la fenêtre de la chambre et l’eau atteignait le rebord de fenêtre. Un mètre quarante d’eau. Quand j’ai vu ça, j’ai dit qu’il fallait s’habiller et s’en aller. On a essayé de sortir, mais impossible d’ouvrir la porte.Suzanne – J’ai appelé les pompiers, ils m’ont dit qu’ils allaient venir. Ils m’ont dit de débrancher tout ce que je pouvais. J’ai pris un sac et j’ai mis tout ce que je pouvais (chéquiers, lunettes, portefeuille, livret de famille...). J’ai rappelé les pompiers, je leur ai dit que s’ils ne venaient pas, ils auraient deux morts. J’ai peur de l’eau, je ne sais pas nager. Les portes se sont dégondées.On a pris deux chaises dans la cuisine, on est monté dessus et on est resté comme ça une heure, main dans la main, à attendre. Au bout d’une heure, une heure et demie, on a vu une clarté par la vitre, c’était le voisin qui criait pour voir si on était en vie.Jean – Je suis allé en nageant à la porte pour le prévenir. Il a ouvert la porte-fenêtre et il est parti cinq mètres en arrière. J’ai cru qu’il allait y passer.Suzanne – Il m’a pris sur son dos et on est sorti. Si on avait réussi à ouvrir la porte, l’eau serait montée d’un coup et nous aurait emportés ou rabattus comme les meubles. Ma voisine m’a dit : « Je vous ai cru morts noyés. » Il y avait tellement de remous chez nous.Jean – En face, ils avaient deux mètres d’eau. Je pensais que c’était le Lauquet qui nous avait inondés, et quand on m’a dit une vague, je n’y croyais pas. La vague est passée par-dessus les maisons. Et la boue partout. Des gens sont venus, pas pour bader mais pour nous aider, comme les jeunes agriculteurs de Castel, la famille...Suzanne – Partir d’ici ? Moi, ça m’a titillée.Jean – Moi non, le Lauquet, je l’ai toujours vu monter, comme en 1999, il était monté jusqu’au petit muret. Au bout d’un mois, les plâtres étaient secs. On a voulu revenir. C’est là que cela a été dur.Suzanne – On est revenu en mars, on a fait notre premier repas de famille. On n’a pas vu de psychologue. On a beaucoup parlé avec la famille.Jean – Aujourd’hui, s’il remonte, on s’en va. Mais ce qui est arrivé, c’est une vague, pas une inondation. Quand je le vois monter, j’ai la trouille, mais il faut arriver à surmonter cette peur. La chose que je regrette, c’est d’avoir perdu le carnet de 14-18 de mon grand-père.</image:caption>
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      <image:title>Guy Mestre, retraité et pompier bénévole, 59 ans, LimouxIl y a de plus en plus de catastrophes. Les vigilances orange sont nées avec les inondations de 1999. On se rappelle encore de Vaison-la-Romaine, un évènement qui a préparé en quelque sorte aux inondations à venir. La rivière est passée sur le pont à Saint-Hilaire, à douze mètres de hauteur. Quand on sait qu’il y a des maisons en contrebas, on essaie de trouver une route d’accès.Je me suis rendu à Saint-Hilaire par en haut et je suis allé à la maison de retraite. C’était le premier point, car ce sont des personnes vulnérables, cinquante-deux résidents. Il y avait de l’eau à la hauteur des matelas. J’y étais vers 5-6 h , je ne sais plus exactement, dans ces moments-là on ne regarde plus trop la montre. En tant que pompier, les situations se suivent, ne se ressemblent pas, et on fait preuve d’adaptation. On savait que l’Ehpad était en zone inondable. La présence du personnel est capitale car ils connaissent les résidents. Ils ont été évacués dans des minibus adaptés vers l’hôpital de Limoux. Tout s’est passé dans le calme, avec la bienveillance du personnel et l’aide du centre hospitalier. Ensuite, il y avait 450 personnes à faire manger. Mes gars avaient les pieds dans la boue, ils bossent dur, c’est physique. On mérite plus qu’un sandwich à midi, alors un jour je leur ai dit : « Demain, on mange chaud ! » Qu’est-ce que je n’avais pas dit. En face de moi, il y avait des personnes qui pleuraient ! On a amené un véhicule de logistique. On a été victime de notre succès, les bénévoles, la sécurité civile, les habitants, tous sont venus... on a occupé l’école. Quand les bénévoles extérieurs repartaient, les habitants faisaient des allées d’honneur et les applaudissaient. Je leur ai dit : « Il va falloir perdre l’habitude de faire ça, car bientôt vous allez vous retrouver seuls, et c’est ça le plus dur, quand il n’y a plus personne.» Nous, on a une vision globale, on a nettoyé les maisons, les rues... Quand on a nettoyé l’Ehpad, avec deux cents jeunes du sud de la France, je leur ai dit : «Vous voyez ces locaux, il y avait des papys et des mamies, ça aurait pu être les vôtres, alors on va nettoyer pour eux et les gens qui y ont travaillé.»Dans ces périodes de crise, il faut avoir l’esprit de solidarité. Avec les élus, on a trouvé une écoute qui est à souligner. Et les gens, surtout des femmes, nous ont aidés pour la logistique, même après comme Angélique [Delpech] ou Albane [Dreux]. C’est plus qu’un élan solidarité, c’est de la compassion envers nous. Cela nous a facilité le travail. Il ne faut pas attendre des moments comme ça pour aller vers les autres, être solidaire, faire de belles actions, aider les gens à sortir de l’embarras.</image:title>
      <image:caption>Guy Mestre, retraité et pompier bénévole, 59 ans, LimouxIl y a de plus en plus de catastrophes. Les vigilances orange sont nées avec les inondations de 1999. On se rappelle encore de Vaison-la-Romaine, un évènement qui a préparé en quelque sorte aux inondations à venir. La rivière est passée sur le pont à Saint-Hilaire, à douze mètres de hauteur. Quand on sait qu’il y a des maisons en contrebas, on essaie de trouver une route d’accès.Je me suis rendu à Saint-Hilaire par en haut et je suis allé à la maison de retraite. C’était le premier point, car ce sont des personnes vulnérables, cinquante-deux résidents. Il y avait de l’eau à la hauteur des matelas. J’y étais vers 5-6 h , je ne sais plus exactement, dans ces moments-là on ne regarde plus trop la montre. En tant que pompier, les situations se suivent, ne se ressemblent pas, et on fait preuve d’adaptation. On savait que l’Ehpad était en zone inondable. La présence du personnel est capitale car ils connaissent les résidents. Ils ont été évacués dans des minibus adaptés vers l’hôpital de Limoux. Tout s’est passé dans le calme, avec la bienveillance du personnel et l’aide du centre hospitalier. Ensuite, il y avait 450 personnes à faire manger. Mes gars avaient les pieds dans la boue, ils bossent dur, c’est physique. On mérite plus qu’un sandwich à midi, alors un jour je leur ai dit : « Demain, on mange chaud ! » Qu’est-ce que je n’avais pas dit. En face de moi, il y avait des personnes qui pleuraient ! On a amené un véhicule de logistique. On a été victime de notre succès, les bénévoles, la sécurité civile, les habitants, tous sont venus... on a occupé l’école. Quand les bénévoles extérieurs repartaient, les habitants faisaient des allées d’honneur et les applaudissaient. Je leur ai dit : « Il va falloir perdre l’habitude de faire ça, car bientôt vous allez vous retrouver seuls, et c’est ça le plus dur, quand il n’y a plus personne.» Nous, on a une vision globale, on a nettoyé les maisons, les rues... Quand on a nettoyé l’Ehpad, avec deux cents jeunes du sud de la France, je leur ai dit : «Vous voyez ces locaux, il y avait des papys et des mamies, ça aurait pu être les vôtres, alors on va nettoyer pour eux et les gens qui y ont travaillé.»Dans ces périodes de crise, il faut avoir l’esprit de solidarité. Avec les élus, on a trouvé une écoute qui est à souligner. Et les gens, surtout des femmes, nous ont aidés pour la logistique, même après comme Angélique [Delpech] ou Albane [Dreux]. C’est plus qu’un élan solidarité, c’est de la compassion envers nous. Cela nous a facilité le travail. Il ne faut pas attendre des moments comme ça pour aller vers les autres, être solidaire, faire de belles actions, aider les gens à sortir de l’embarras.</image:caption>
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      <image:title>Thérèse Del Vals, 64 ans, retraitée, Saint-HilaireJ’habite cette maison depuis 2017. Je suis une nature forte, je suis combative. À 2 h 30 du matin, j’ai entendu la box faire du bruit. Je suis descendue, il n’y avait pas de lumière. Je suis remontée, j’ai ouvert la fenêtre de la chambre. Il pleuvait mais pas fort. Je ne voyais rien, il n’y avait pas d’éclairage public. Mais j’entendais un grondement au loin, ce qui m’a beaucoup frappée.Je m’interroge encore, mais je pense que j’entendais un roulement de rivière, en continu, comme s’il y avait quelque chose qui déferlait. La chronologie est compliquée. Mon portable a sonné, c’était ma cousine, complètement affolée : « Tu n’es pas inondée ? Va-t’en ! » Elle me parle de sa sœur, Christianne [Moreno] à Villegailhenc : « La maison est inondée, elle est accrochée au lavabo. Il n’y a plus la cabane, elle est partie avec Sébastien et le chien. Et Claude est accroché à un arbre, et il ne va pas tenir longtemps.» Alors je lui réponds : « Pourquoi tu me dis tout ça, je ne peux rien faire ! » Elle : « Je sais, mais j’ai besoin de le dire. ».Toute la nuit avec ma voisine d’en face, on se faisait des signaux lumineux avec le téléphone, pour se rassurer. On ne pouvait pas se parler, il y avait trop de bruit. L’eau continuait à monter. J’ai été très passive, je n’ai rien essayé de sauver. Tout flottait dans la pièce principale. Je me suis assise et j’ai regardé. Les mécanismes électroniques des voitures étaient bloqués, tout sonnait, c’était horrible. Je me suis couchée habillée sans me rendre compte que j’étais mouillée, j’étais dans un état de léthargie complète. Je suis sortie vers 5 h, j’ai ouvert la porte et toute l’eau est rentrée. J’ai refermé, mais ça continuait. On était entouré d’eau. Je voyais des masses d’objets passer. Dans les jours qui ont suivi, j’étais désemparée car je n’avais plus de chaussures. On m’a donné une paire, et ça m’a bouleversée. Je viens d’une famille espagnole très pauvre, nous étions sept enfants et mon père était malade. Quand j’étais petite, on n’avait pas de quoi manger. Mes parents sont venus en France pour travailler mais ils n’avaient rien. « Une main devant une main derrière », comme on dit.Les trois premiers jours, j’ai cru que c’était un seul jour. Je dormais chez une amie. Je ne me suis pas lavée ni brossée les dents ou changée, je me couchais habillée, je ne pouvais pas. J’avais l’impression d’être une souillon. Dès que j’ai pu, avec mon frère, nous sommes allés à l’Ehpad voir ma mère. Elle avait un lit Alzheimer, elle avait froid, les volets étaient fermés. « Tengo frio, Tengo frio », me disait-elle. Mon frère s’est occupé de maman et moi je suis revenue chez moi. Elle a beaucoup souffert. Elle n’a pas pu le dire, avec Alzheimer, elle est partie à l’Ehpad de Limoux et elle a cessé de s’alimenter. Quand j’ai pu trouver une voiture − il n’y avait plus de voiture en vente sur l’Aude – j’allais la voir. Je lui donnais à manger, mais elle ne savait plus déglutir, elle gardait la nourriture dans les joues. Elle est morte un mois après. Elle s’est laissée mourir. Je sais qu’il n’y a pas eu de mort à Saint-Hilaire, mais pour moi, ma mère est morte à cause des inondations.</image:title>
      <image:caption>Thérèse Del Vals, 64 ans, retraitée, Saint-HilaireJ’habite cette maison depuis 2017. Je suis une nature forte, je suis combative. À 2 h 30 du matin, j’ai entendu la box faire du bruit. Je suis descendue, il n’y avait pas de lumière. Je suis remontée, j’ai ouvert la fenêtre de la chambre. Il pleuvait mais pas fort. Je ne voyais rien, il n’y avait pas d’éclairage public. Mais j’entendais un grondement au loin, ce qui m’a beaucoup frappée.Je m’interroge encore, mais je pense que j’entendais un roulement de rivière, en continu, comme s’il y avait quelque chose qui déferlait. La chronologie est compliquée. Mon portable a sonné, c’était ma cousine, complètement affolée : « Tu n’es pas inondée ? Va-t’en ! » Elle me parle de sa sœur, Christianne [Moreno] à Villegailhenc : « La maison est inondée, elle est accrochée au lavabo. Il n’y a plus la cabane, elle est partie avec Sébastien et le chien. Et Claude est accroché à un arbre, et il ne va pas tenir longtemps.» Alors je lui réponds : « Pourquoi tu me dis tout ça, je ne peux rien faire ! » Elle : « Je sais, mais j’ai besoin de le dire. ».Toute la nuit avec ma voisine d’en face, on se faisait des signaux lumineux avec le téléphone, pour se rassurer. On ne pouvait pas se parler, il y avait trop de bruit. L’eau continuait à monter. J’ai été très passive, je n’ai rien essayé de sauver. Tout flottait dans la pièce principale. Je me suis assise et j’ai regardé. Les mécanismes électroniques des voitures étaient bloqués, tout sonnait, c’était horrible. Je me suis couchée habillée sans me rendre compte que j’étais mouillée, j’étais dans un état de léthargie complète. Je suis sortie vers 5 h, j’ai ouvert la porte et toute l’eau est rentrée. J’ai refermé, mais ça continuait. On était entouré d’eau. Je voyais des masses d’objets passer. Dans les jours qui ont suivi, j’étais désemparée car je n’avais plus de chaussures. On m’a donné une paire, et ça m’a bouleversée. Je viens d’une famille espagnole très pauvre, nous étions sept enfants et mon père était malade. Quand j’étais petite, on n’avait pas de quoi manger. Mes parents sont venus en France pour travailler mais ils n’avaient rien. « Une main devant une main derrière », comme on dit.Les trois premiers jours, j’ai cru que c’était un seul jour. Je dormais chez une amie. Je ne me suis pas lavée ni brossée les dents ou changée, je me couchais habillée, je ne pouvais pas. J’avais l’impression d’être une souillon. Dès que j’ai pu, avec mon frère, nous sommes allés à l’Ehpad voir ma mère. Elle avait un lit Alzheimer, elle avait froid, les volets étaient fermés. « Tengo frio, Tengo frio », me disait-elle. Mon frère s’est occupé de maman et moi je suis revenue chez moi. Elle a beaucoup souffert. Elle n’a pas pu le dire, avec Alzheimer, elle est partie à l’Ehpad de Limoux et elle a cessé de s’alimenter. Quand j’ai pu trouver une voiture − il n’y avait plus de voiture en vente sur l’Aude – j’allais la voir. Je lui donnais à manger, mais elle ne savait plus déglutir, elle gardait la nourriture dans les joues. Elle est morte un mois après. Elle s’est laissée mourir. Je sais qu’il n’y a pas eu de mort à Saint-Hilaire, mais pour moi, ma mère est morte à cause des inondations.</image:caption>
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      <image:title>Serge Martinez, 59 ans, employé à la Safer, Saint-HilaireÀ 22 h sonnantes, ça commence à tomber. Vers minuit, on va se coucher, volets fermés, fenêtres ouvertes. Vers 4 h , c’est un cri qui m’a réveillé. J’ai pensé à des jeunes qui sortaient de boîte de nuit, ça arrive parfois. Je me remets au lit, mais les cris reprennent, et là, j’entends distinctement : « Au secours ! » On est sortis sur la terrasse avec Marianne, mon épouse. On avait de l’eau jusqu’à la dernière marche. Nous étions bien au-delà de la crue de 1999. Un bon mètre de plus.Stéphanie Roux habitait au-dessous. Je passe le portillon, j’avais de l’eau au-dessus des cuisses. Elle était debout sur son quad et il y avait de l’eau jusqu’au guidon. Je suis retourné chez moi pour prendre une corde d’escalade, mais je ne l’ai pas trouvée. Mon fils avait bricolé une bouée et c’est grâce à ça que je suis allé jusqu’à elle. Elle me dit : « Sauve mes chiens d’abord ! ». Elle venait déjà d’en perdre un dans son salon au rez-de-chaussée. Elle habitait côté rivière et dormait au premier étage. Elle est sortie avec deux chiennes. Pendant ce temps-là, la rivière a rempli son salon et le sas d’entrée en contrebas. Ça faisait syphon et elle s’est retrouvée piégée, à l’abri du courant entre les deux maisons, mais incapable de retourner à l’étage. Du coup, elle était debout sur son quad avec ses chiennes. « Sauve mes chiens ! » Elle n’a pas voulu venir. J’ai fait passer les chiens, j’avais de l’eau jusqu’au nombril, et ça montait. Quand je me suis mis à l’eau pour aller la chercher une troisième fois, je me suis dit qu’avec une bonne impulsion, ça allait passer. Si je partais, j’étais mort. Mais je n’ai pas réfléchi une seconde. Je lui ai donné la bouée, j’avais de l’eau au niveau des épaules. Il y a un truc qui m’a tapé la poitrine, je pense que c’est une bille de bois de chauffage. J’ai vu passer des gros seaux de peinture, un truc blanc qui ressemblait à un frigo et surtout une cuve à vin de 20 hectolitres. Ça m’a arrêté. On est resté là. Si on traversait, on y passait. Du coup, on est resté debout sur le quad, de l’eau jusqu’au cou, on se tenait à la tonnelle au-dessus. Entre-temps, une des chiennes était revenue pour sauver sa maîtresse. J’ai vu l’escalier de la remise qui montait au premier étage. On est passé par là. Stéphanie avait de l’eau jusqu’à la taille, sachant que le grillage est déjà à deux mètres du sol. J’ai ramené la chienne. On a nagé dans la cour des voisins, ils avaient une cuisine d’été, les meubles flottaient. On était hors courant sur le côté. Notre espèce de bouée commençait à se dégonfler. En tirant Stéphanie, je me suis agrippé à un truc, j’ai pris conscience que c’était l’antenne de l’autoradio de la voiture. Nous étions en train de marcher sur le toit de la voiture. On est monté au premier étage et l’eau est montée jusqu’à la dernière marche. J’ai installé une table, une chaise dessus pour pouvoir continuer à monter, si besoin. On a mis deux fauteuils côte à côte, Stéphanie a trouvé une bâche. On s’est enroulé dedans avec la chienne sur nous et on a attendu trois heures. Je me levais toutes les trois minutes pour voir le niveau de l’eau. Si j’avais pris un shoot de cocaïne, je n’aurais pas été plus excité. Vers 4 h du matin, j’ai vu des gyrophares. On était plus tout seul. À 7 h 30, je suis redescendu. Marianne, mon épouse, et Henry, mon fils, étaient au premier étage. Je pouvais voir ma maison dans l’eau avec la Twingo de Marianne qui flottait dans le jardin. Plus tard, un ami pompier m’a dit que j’avais pris des risques démesurés. J’avais deux choix : soit la regarder mourir, soit essayer de la sauver.</image:title>
      <image:caption>Serge Martinez, 59 ans, employé à la Safer, Saint-HilaireÀ 22 h sonnantes, ça commence à tomber. Vers minuit, on va se coucher, volets fermés, fenêtres ouvertes. Vers 4 h , c’est un cri qui m’a réveillé. J’ai pensé à des jeunes qui sortaient de boîte de nuit, ça arrive parfois. Je me remets au lit, mais les cris reprennent, et là, j’entends distinctement : « Au secours ! » On est sortis sur la terrasse avec Marianne, mon épouse. On avait de l’eau jusqu’à la dernière marche. Nous étions bien au-delà de la crue de 1999. Un bon mètre de plus.Stéphanie Roux habitait au-dessous. Je passe le portillon, j’avais de l’eau au-dessus des cuisses. Elle était debout sur son quad et il y avait de l’eau jusqu’au guidon. Je suis retourné chez moi pour prendre une corde d’escalade, mais je ne l’ai pas trouvée. Mon fils avait bricolé une bouée et c’est grâce à ça que je suis allé jusqu’à elle. Elle me dit : « Sauve mes chiens d’abord ! ». Elle venait déjà d’en perdre un dans son salon au rez-de-chaussée. Elle habitait côté rivière et dormait au premier étage. Elle est sortie avec deux chiennes. Pendant ce temps-là, la rivière a rempli son salon et le sas d’entrée en contrebas. Ça faisait syphon et elle s’est retrouvée piégée, à l’abri du courant entre les deux maisons, mais incapable de retourner à l’étage. Du coup, elle était debout sur son quad avec ses chiennes. « Sauve mes chiens ! » Elle n’a pas voulu venir. J’ai fait passer les chiens, j’avais de l’eau jusqu’au nombril, et ça montait. Quand je me suis mis à l’eau pour aller la chercher une troisième fois, je me suis dit qu’avec une bonne impulsion, ça allait passer. Si je partais, j’étais mort. Mais je n’ai pas réfléchi une seconde. Je lui ai donné la bouée, j’avais de l’eau au niveau des épaules. Il y a un truc qui m’a tapé la poitrine, je pense que c’est une bille de bois de chauffage. J’ai vu passer des gros seaux de peinture, un truc blanc qui ressemblait à un frigo et surtout une cuve à vin de 20 hectolitres. Ça m’a arrêté. On est resté là. Si on traversait, on y passait. Du coup, on est resté debout sur le quad, de l’eau jusqu’au cou, on se tenait à la tonnelle au-dessus. Entre-temps, une des chiennes était revenue pour sauver sa maîtresse. J’ai vu l’escalier de la remise qui montait au premier étage. On est passé par là. Stéphanie avait de l’eau jusqu’à la taille, sachant que le grillage est déjà à deux mètres du sol. J’ai ramené la chienne. On a nagé dans la cour des voisins, ils avaient une cuisine d’été, les meubles flottaient. On était hors courant sur le côté. Notre espèce de bouée commençait à se dégonfler. En tirant Stéphanie, je me suis agrippé à un truc, j’ai pris conscience que c’était l’antenne de l’autoradio de la voiture. Nous étions en train de marcher sur le toit de la voiture. On est monté au premier étage et l’eau est montée jusqu’à la dernière marche. J’ai installé une table, une chaise dessus pour pouvoir continuer à monter, si besoin. On a mis deux fauteuils côte à côte, Stéphanie a trouvé une bâche. On s’est enroulé dedans avec la chienne sur nous et on a attendu trois heures. Je me levais toutes les trois minutes pour voir le niveau de l’eau. Si j’avais pris un shoot de cocaïne, je n’aurais pas été plus excité. Vers 4 h du matin, j’ai vu des gyrophares. On était plus tout seul. À 7 h 30, je suis redescendu. Marianne, mon épouse, et Henry, mon fils, étaient au premier étage. Je pouvais voir ma maison dans l’eau avec la Twingo de Marianne qui flottait dans le jardin. Plus tard, un ami pompier m’a dit que j’avais pris des risques démesurés. J’avais deux choix : soit la regarder mourir, soit essayer de la sauver.</image:caption>
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      <image:title>Pépites en danger, Vietnam | VIVIANE DALLES</image:title>
      <image:caption>View Pépites en danger, Vietnam by VIVIANE DALLES.</image:caption>
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      <image:title>Pépites en danger, Vietnam | VIVIANE DALLES</image:title>
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      <image:title>Je me sens toujours comme une ado dans ma tête, et comme une future maman dans mon corps.A chaque échographie Amélie prend un peu plus conscience de sa grossesse. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Je me sens toujours comme une ado dans ma tête, et comme une future maman dans mon corps.A chaque échographie Amélie prend un peu plus conscience de sa grossesse. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Aujourd'hui Amélie et Xavier ont parcouru 5 magasins de vêtements. Leur unique achat du jour est une paire de chaussons à 3 euros. Xavier n'ayant pas de revenus et Amélie touchant le R.S.A, ils limitent leurs dépenses. Charleville-Mézières, France.</image:title>
      <image:caption>Aujourd'hui Amélie et Xavier ont parcouru 5 magasins de vêtements. Leur unique achat du jour est une paire de chaussons à 3 euros. Xavier n'ayant pas de revenus et Amélie touchant le R.S.A, ils limitent leurs dépenses. Charleville-Mézières, France.</image:caption>
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      <image:title>Sur les marches qui mènent à son appartement, Amélie se roule une cigarette. Désireux d'avoir leur indépendance, Amélie et Xavier ont décidé en Janvier 2015 de prendre un petit appartement à Charleville-Mézières, France.</image:title>
      <image:caption>Sur les marches qui mènent à son appartement, Amélie se roule une cigarette. Désireux d'avoir leur indépendance, Amélie et Xavier ont décidé en Janvier 2015 de prendre un petit appartement à Charleville-Mézières, France.</image:caption>
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      <image:title>Xavier est issu d'une famille nombreuse ; il a 6 frères et sœurs. Aujourd'hui, ils rendent visitent à l’un de ses frère, David 20 ans, au premier rang avec sa fille Leyna. Sarah, 18 ans, donne le biberon à leur fils Aaron, 3 mois. A gauche, un autre frère de Xavier, Gérald, roule une cigarette. Maubert Fontaine, France.</image:title>
      <image:caption>Xavier est issu d'une famille nombreuse ; il a 6 frères et sœurs. Aujourd'hui, ils rendent visitent à l’un de ses frère, David 20 ans, au premier rang avec sa fille Leyna. Sarah, 18 ans, donne le biberon à leur fils Aaron, 3 mois. A gauche, un autre frère de Xavier, Gérald, roule une cigarette. Maubert Fontaine, France.</image:caption>
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      <image:title>Amélie et Xavier, dans la cour des parents de Xavier à Maubert Fontaine. Ils sont amoureux, insouciants et attendent l'arrivée de leur premier bébé.</image:title>
      <image:caption>Amélie et Xavier, dans la cour des parents de Xavier à Maubert Fontaine. Ils sont amoureux, insouciants et attendent l'arrivée de leur premier bébé.</image:caption>
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      <image:title>A Rumigny, village de 370 habitants, il n'y a pas grand-chose à faire pour la jeunesse locale. Xavier et Amélie passent la plupart de leur temps chez leur amis Mickael (18 ans) et Mattéo (11 ans), à jouer au poker.</image:title>
      <image:caption>A Rumigny, village de 370 habitants, il n'y a pas grand-chose à faire pour la jeunesse locale. Xavier et Amélie passent la plupart de leur temps chez leur amis Mickael (18 ans) et Mattéo (11 ans), à jouer au poker.</image:caption>
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      <image:title>Amélie et Xavier reviennent du supermarché Aldi avec un couple d'amis, Michel, Anaïs et leur fille. Michel s'est inscrit dans plusieurs boites d'intérims mais n'a pas trouvé de travail. Anaïs suit une formation pour travailler dans une crèche. Rocroi, France.</image:title>
      <image:caption>Amélie et Xavier reviennent du supermarché Aldi avec un couple d'amis, Michel, Anaïs et leur fille. Michel s'est inscrit dans plusieurs boites d'intérims mais n'a pas trouvé de travail. Anaïs suit une formation pour travailler dans une crèche. Rocroi, France.</image:caption>
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      <image:title>Tu veux t'entraîner ? lance Sarah à Amélie. Sarah a 18 ans, elle est la belle-sœur d'Amélie et vient de donner naissance à un petit garçon, Aaron. C'est l'occasion pour Amélie de donner le biberon à un nouveau-né pour la première fois. Maubert Fontaine, France.</image:title>
      <image:caption>Tu veux t'entraîner ? lance Sarah à Amélie. Sarah a 18 ans, elle est la belle-sœur d'Amélie et vient de donner naissance à un petit garçon, Aaron. C'est l'occasion pour Amélie de donner le biberon à un nouveau-né pour la première fois. Maubert Fontaine, France.</image:caption>
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      <image:title>Un mois avant son accouchement, Amélie et Xavier sont revenus vivre à Rumigny. Amélie se sent plus rassurée auprès de sa mère. Rumigny, France.</image:title>
      <image:caption>Un mois avant son accouchement, Amélie et Xavier sont revenus vivre à Rumigny. Amélie se sent plus rassurée auprès de sa mère. Rumigny, France.</image:caption>
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      <image:title>Le bébé d'Amélie est en siège, elle va avoir une césarienne. Les dernières heures sont les plus longues, entre l'appréhension de la césarienne et l'arrivée de son bébé. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Le bébé d'Amélie est en siège, elle va avoir une césarienne. Les dernières heures sont les plus longues, entre l'appréhension de la césarienne et l'arrivée de son bébé. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Ilyna est née le 18 Mai 2015. La mère d'Amélie, Isabelle, et sa sœur Coralie 12 ans, leur rendent visite. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Ilyna est née le 18 Mai 2015. La mère d'Amélie, Isabelle, et sa sœur Coralie 12 ans, leur rendent visite. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>La césarienne d'Amélie s'est bien passée, Xavier est resté à ses côtés. Sa mère Isabelle et sa sœur Coralie 12 ans, lui rendent visite. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>La césarienne d'Amélie s'est bien passée, Xavier est resté à ses côtés. Sa mère Isabelle et sa sœur Coralie 12 ans, lui rendent visite. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Je ne suis encore qu'un gamin ; j'ai peur de ne pas être un bon père.Xavier appréhendait l'arrivée de sa fille. A leur retour de la maternité, chez la mère d'Amélie, il apprend à s'occuper de sa fille. Rumigny, France.</image:title>
      <image:caption>Je ne suis encore qu'un gamin ; j'ai peur de ne pas être un bon père.Xavier appréhendait l'arrivée de sa fille. A leur retour de la maternité, chez la mère d'Amélie, il apprend à s'occuper de sa fille. Rumigny, France.</image:caption>
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      <image:title>A la sortie de la maternité, Amélie et Xavier sont revenus chez la maman d'Amélie, le temps de s’adapter à leur nouvelle vie. Rumigny, France.</image:title>
      <image:caption>A la sortie de la maternité, Amélie et Xavier sont revenus chez la maman d'Amélie, le temps de s’adapter à leur nouvelle vie. Rumigny, France.</image:caption>
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      <image:title>Laurine 17 ans et son fils Thiméo, né le 22 Septembre 2014. Laurine est fille unique. Elle vit avec son père à Fourmies. Sa maman l'a abandonné à l'âge de 2 ans. Elle s'est rendue compte de sa grossesse à 14 semaines. Ayant dépassé le délais pour l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), elle a souhaité le garder et ne pas accoucher sous X. Tout au long de sa grossesse, son père l'a accompagné avec le soutien de sa maraine qui allait avec elle aux rendez-vous à la maternité. De son côté le père biologique, avec qui elle était en couple à l'époque, n'a pas voulu reconnaitre le bébé. Aujourd'hui, elle vit toujours avec son fils Thiméo chez son père dans un logement d'habitation à loyer modéré (H.L.M.) à Fourmies. A l'approche de ses 18 ans, Laurine aimerait pouvoir finir son certificat d'aptitude professionnelle (C.A.P.)  en vente, passer son permis et prendre un apartement avec son fils.</image:title>
      <image:caption>Laurine 17 ans et son fils Thiméo, né le 22 Septembre 2014. Laurine est fille unique. Elle vit avec son père à Fourmies. Sa maman l'a abandonné à l'âge de 2 ans. Elle s'est rendue compte de sa grossesse à 14 semaines. Ayant dépassé le délais pour l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), elle a souhaité le garder et ne pas accoucher sous X. Tout au long de sa grossesse, son père l'a accompagné avec le soutien de sa maraine qui allait avec elle aux rendez-vous à la maternité. De son côté le père biologique, avec qui elle était en couple à l'époque, n'a pas voulu reconnaitre le bébé. Aujourd'hui, elle vit toujours avec son fils Thiméo chez son père dans un logement d'habitation à loyer modéré (H.L.M.) à Fourmies. A l'approche de ses 18 ans, Laurine aimerait pouvoir finir son certificat d'aptitude professionnelle (C.A.P.)  en vente, passer son permis et prendre un apartement avec son fils.</image:caption>
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      <image:title>Laurine et son fils Thiméo vivent chez son père dans une habitation à loyer modéré (HLM) à Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Laurine et son fils Thiméo vivent chez son père dans une habitation à loyer modéré (HLM) à Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Le père de Laurine, Michael a 40 ans. Il est au chômage depuis bientôt 2 ans. Lorsqu'il a appris la grossesse de sa fille, il ne l'a d’abord pas accepté. Puis face à la situation, il a décidé de la soutenir du mieux qu'il pouvait. Fourmies, France,</image:title>
      <image:caption>Le père de Laurine, Michael a 40 ans. Il est au chômage depuis bientôt 2 ans. Lorsqu'il a appris la grossesse de sa fille, il ne l'a d’abord pas accepté. Puis face à la situation, il a décidé de la soutenir du mieux qu'il pouvait. Fourmies, France,</image:caption>
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      <image:title>Thiméo regarde une photo que Laurine vient de prendre de lui avec son téléphone. Laurine est fière d'être une jeune maman, elle poste régulièrement des photos de son fils sur les réseaux sociaux. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Thiméo regarde une photo que Laurine vient de prendre de lui avec son téléphone. Laurine est fière d'être une jeune maman, elle poste régulièrement des photos de son fils sur les réseaux sociaux. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Laurine change son fils sur la table du salon chez son père. Au terme de sa grossesse, elle a arrêté l'école. Elle aimerait reprendre son C.A.P vente. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Laurine change son fils sur la table du salon chez son père. Au terme de sa grossesse, elle a arrêté l'école. Elle aimerait reprendre son C.A.P vente. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Laurine sort d'un rendez-vous au service de Protection Maternelle et Infantile (PMI). Elle est suivie par une assistante sociale et un médecin qui la conseillent et la rassurent dans son rôle de mère. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Laurine sort d'un rendez-vous au service de Protection Maternelle et Infantile (PMI). Elle est suivie par une assistante sociale et un médecin qui la conseillent et la rassurent dans son rôle de mère. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Mon fils, c'est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie.Stacy était en couple depuis deux ans quand elle est tombée enceinte à 16 ans. Elle est contre l'avortement alors elle a décidé de garder son enfant. Son copain a reconnu l'enfant mais ils se sont depuis séparés. Stacy bénéficie du statut de mère isolée et loge avec son fils Vicenzo, dans un apartement du Dalhia, Accueil Mères et Enfants de l'EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir, Accompagner, Eduquer) à Hellemmes. Le rôle de cette structure est d'accompagner la jeune maman au retour de la maternité, la rassurer et la valoriser dans son rôle de mère grâce au soutien d'une équipe pluridisciplinaire (éducatrice, psychologue, etc..). Stacy aimerait pouvoir suivre une formation pour devenir aide à domicile, mais elle apréhende la séparation avec son fils.  Pour Stacy élever son enfant seule est difficile, mais pour rien au monde elle reviendrait à sa vie d'adolescente d'avant. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Mon fils, c'est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie.Stacy était en couple depuis deux ans quand elle est tombée enceinte à 16 ans. Elle est contre l'avortement alors elle a décidé de garder son enfant. Son copain a reconnu l'enfant mais ils se sont depuis séparés. Stacy bénéficie du statut de mère isolée et loge avec son fils Vicenzo, dans un apartement du Dalhia, Accueil Mères et Enfants de l'EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir, Accompagner, Eduquer) à Hellemmes. Le rôle de cette structure est d'accompagner la jeune maman au retour de la maternité, la rassurer et la valoriser dans son rôle de mère grâce au soutien d'une équipe pluridisciplinaire (éducatrice, psychologue, etc..). Stacy aimerait pouvoir suivre une formation pour devenir aide à domicile, mais elle apréhende la séparation avec son fils.  Pour Stacy élever son enfant seule est difficile, mais pour rien au monde elle reviendrait à sa vie d'adolescente d'avant. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Vicenzo éprouve un besoin excessif de sa mère Stacy, il ne supporte pas de la voir s'éloigner ne serait ce que quelques minutes. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Vicenzo éprouve un besoin excessif de sa mère Stacy, il ne supporte pas de la voir s'éloigner ne serait ce que quelques minutes. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Stacy et son fils en rendez-vous chez son éducatrice du Dalhia qui l'accompagne dans son quotidien. Stacy se confie beaucoup auprès des acteurs du Dalhia, qui la rassurent et la conseillent dans son rôle de mère. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Stacy et son fils en rendez-vous chez son éducatrice du Dalhia qui l'accompagne dans son quotidien. Stacy se confie beaucoup auprès des acteurs du Dalhia, qui la rassurent et la conseillent dans son rôle de mère. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Vicenzo, 17 mois, a très peu dormi la nuit dernière ; Stacy, épuisée ne sait plus comment gérer les crises de son fils. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Vicenzo, 17 mois, a très peu dormi la nuit dernière ; Stacy, épuisée ne sait plus comment gérer les crises de son fils. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Lors de cette séance, psychologue (à droite) et psychomotricienne (à gauche) du  Dalhia, travaillent avec Vicenzo et Stacy sur la notion de contenance (Apprentissage du ressentir du corps, travail des limites, expression des émotions).  Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Lors de cette séance, psychologue (à droite) et psychomotricienne (à gauche) du  Dalhia, travaillent avec Vicenzo et Stacy sur la notion de contenance (Apprentissage du ressentir du corps, travail des limites, expression des émotions).  Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Quand je suis dans la rue avec la poussette, je peux sentir le regard des gens peser sur moi. Pourtant ils ne connaissent rien de mon histoire ; alors pourquoi me jugent-ils ?, Stacy. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Quand je suis dans la rue avec la poussette, je peux sentir le regard des gens peser sur moi. Pourtant ils ne connaissent rien de mon histoire ; alors pourquoi me jugent-ils ?, Stacy. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Trois jours par semaine, Stacy dépose son fils Vicenzo à la crèche. Ce service d'accompagnement parental est établi au travers de l'E.P.D.S.A.E (Etablissement Public Départemental pour Soutenir, Accompagner, Eduquer). Hellemmes.</image:title>
      <image:caption>Trois jours par semaine, Stacy dépose son fils Vicenzo à la crèche. Ce service d'accompagnement parental est établi au travers de l'E.P.D.S.A.E (Etablissement Public Départemental pour Soutenir, Accompagner, Eduquer). Hellemmes.</image:caption>
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      <image:title>Stacy rentre chez elle en bus après trois heures passées dans le cabinet de son docteur. Vicenzo est fiévreux ; il est 20h00, inquiète elle appelle sa mère qui la rassure. Hellemmes, France.</image:title>
      <image:caption>Stacy rentre chez elle en bus après trois heures passées dans le cabinet de son docteur. Vicenzo est fiévreux ; il est 20h00, inquiète elle appelle sa mère qui la rassure. Hellemmes, France.</image:caption>
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      <image:title>Après avoir eu mes deux enfants, j'ai réalisé que j'étais passé à côté de mon adolescence.Elle vient de se faire tatouer {quote}No Love{quote} (pas d'amour) à l'intérieur de sa lèvre inférieure, à la suite d’une déception amoureuse. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Après avoir eu mes deux enfants, j'ai réalisé que j'étais passé à côté de mon adolescence.Elle vient de se faire tatouer {quote}No Love{quote} (pas d'amour) à l'intérieur de sa lèvre inférieure, à la suite d’une déception amoureuse. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Mélissa vit seule avec ses deux enfants. Malgré ses démarches auprès de la Mission Locale et de Pôle Emploi, elle n'a pas trouvé de travail. Le taux de chômage à Fourmies est de 37 %.</image:title>
      <image:caption>Mélissa vit seule avec ses deux enfants. Malgré ses démarches auprès de la Mission Locale et de Pôle Emploi, elle n'a pas trouvé de travail. Le taux de chômage à Fourmies est de 37 %.</image:caption>
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      <image:title>Mélissa vient chercher son fils Lohann qui est en deuxième année de maternelle, accompagnée de sa fille Leyna. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Mélissa vient chercher son fils Lohann qui est en deuxième année de maternelle, accompagnée de sa fille Leyna. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Mélissa chez elle dans la salle de jeux  avec ses enfants et une de ses amies, Tansy 14 ans, venue passer la soirée avec elle. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Mélissa chez elle dans la salle de jeux  avec ses enfants et une de ses amies, Tansy 14 ans, venue passer la soirée avec elle. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Leyna dans les bras de son père Steven. Bien qu'ils soient séparés, Steven voit régulièrement ses enfants. Fourmies, France.</image:title>
      <image:caption>Leyna dans les bras de son père Steven. Bien qu'ils soient séparés, Steven voit régulièrement ses enfants. Fourmies, France.</image:caption>
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      <image:title>Ce qu'il en reste
Lino Giacomel, 14 ans, Villegailhenc
Je venais de rentrer en sixième, c’est un passage... Le lundi 15 octobre, il y avait une sortie scolaire prévue dans une grotte. Le dimanche soir, je prépare tout, le pique-nique, mes affaires, c’est la hype. Du coup, j’ai eu du mal à m’endormir. Je finis par m’endormir vers 1 h du matin, avec la pluie qui tombe sur le vélux de ma chambre. Ma mère vient me réveiller à 5 h avec la lampe de son téléphone : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas école; la mauvaise, c’est qu’il y a une catastrophe naturelle.»
Je ne comprends pas, j’essaie d’allumer les lampes. Rien ne marche. Je descends les escaliers, le chien arrive à la nage. On est sorti de la maison à 8 h 30.
Pour moi, ça s’est passé vite. Mes parents ne m’ont pas réveillé plus tôt, pour pas que je sois traumatisé. On a eu deux mètres quatre-vingts dans le salon. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le réveil, l’eau, la pluie qui fracasse mon vélux. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait à moi. Je ne m’attendais pas à vivre ça. À la moindre pluie, on y repense. Mais pourquoi on se ferait inonder une deuxième fois ? C’est quelque chose que je redoute, ça me traumatise vraiment. Je n’ai pas peur, mais je reste sur mes gardes. Je prévois de monter des affaires à l’étage. Je suis parti vivre chez ma grand-mère. Quand je suis revenu, je parlais beaucoup à mes copains. Ça m’a pas mal perturbé, car je devais prendre un bus à Ventenac à huit kilomètres d’ici, pour aller au collège. J’étais content de prendre le bus avec mes copains, et là je devais prendre le bus seul. Le trajet était long. Six mois après, on est revenu vivre ici.
Ça fait quatre ans et les travaux ne sont pas tous finis, on n’a pas encore de cuisine. Pour une vie de cinquante ans, ce n’est peut-être pas long, mais pour moi qui n’ai que 14 ans, c’est long ! Une catastrophe naturelle, c’est quelque chose d’imprévu, subitement. Ce n’est pas la volonté de l’homme. Ça traumatise. On n’a pas eu de chance, c’est catastrophique, c’est comme ça.</image:title>
      <image:caption>Ce qu'il en reste
Lino Giacomel, 14 ans, Villegailhenc
Je venais de rentrer en sixième, c’est un passage... Le lundi 15 octobre, il y avait une sortie scolaire prévue dans une grotte. Le dimanche soir, je prépare tout, le pique-nique, mes affaires, c’est la hype. Du coup, j’ai eu du mal à m’endormir. Je finis par m’endormir vers 1 h du matin, avec la pluie qui tombe sur le vélux de ma chambre. Ma mère vient me réveiller à 5 h avec la lampe de son téléphone : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas école; la mauvaise, c’est qu’il y a une catastrophe naturelle.»
Je ne comprends pas, j’essaie d’allumer les lampes. Rien ne marche. Je descends les escaliers, le chien arrive à la nage. On est sorti de la maison à 8 h 30.
Pour moi, ça s’est passé vite. Mes parents ne m’ont pas réveillé plus tôt, pour pas que je sois traumatisé. On a eu deux mètres quatre-vingts dans le salon. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le réveil, l’eau, la pluie qui fracasse mon vélux. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait à moi. Je ne m’attendais pas à vivre ça. À la moindre pluie, on y repense. Mais pourquoi on se ferait inonder une deuxième fois ? C’est quelque chose que je redoute, ça me traumatise vraiment. Je n’ai pas peur, mais je reste sur mes gardes. Je prévois de monter des affaires à l’étage. Je suis parti vivre chez ma grand-mère. Quand je suis revenu, je parlais beaucoup à mes copains. Ça m’a pas mal perturbé, car je devais prendre un bus à Ventenac à huit kilomètres d’ici, pour aller au collège. J’étais content de prendre le bus avec mes copains, et là je devais prendre le bus seul. Le trajet était long. Six mois après, on est revenu vivre ici.
Ça fait quatre ans et les travaux ne sont pas tous finis, on n’a pas encore de cuisine. Pour une vie de cinquante ans, ce n’est peut-être pas long, mais pour moi qui n’ai que 14 ans, c’est long ! Une catastrophe naturelle, c’est quelque chose d’imprévu, subitement. Ce n’est pas la volonté de l’homme. Ça traumatise. On n’a pas eu de chance, c’est catastrophique, c’est comme ça.</image:caption>
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      <image:title>VIVIANE DALLES</image:title>
      <image:caption>View Portraits by VIVIANE DALLES.</image:caption>
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      <image:title>Ce qu'il en reste
Michel Proust, 72 ans, maire de Villegailhenc
Humainement ça a été très fort. Quand je suis sorti de chez moi à 1 h du matin pour lancer le PCS [plan communal de sauvegarde], je ne voyais plus la maison de mon voisin tellement le rideau était fort. Il y avait déjà des véhicules de pompiers qui étaient arrivés pas loin de chez moi. On ne pouvait pas se rendre à la mairie pour lancer le PCS, j’ai pu seulement appeler les adjoints, mais tous les secteurs se trouvaient isolés. En pleine nuit, les secours ne pouvaient rien faire. Une embarcation a failli être emportée. De même pour les personnes qui étaient sur les toits, il a fallu attendre le matin pour les hélitreuiller avec des hélicoptères venus de Perpignan.
À 5 h 30, on ne pouvait toujours pas accéder à l’autre côté du village. À 7 h 30, l’eau passait encore par-dessus. Dès qu’on a pu bouger, on a utilisé la cantine scolaire comme poste de secours et ce qui était d’ordre social était fait en mairie. L’eau, l’électricité et le téléphone étaient coupés. Plus d’Internet pendant plusieurs jours, donc impossible de faire les dossiers. On a mobilisé beaucoup d’entreprises, il fallait réagir vite. Les assurances ne voulaient pas que l’on touche les véhicules tant que les experts n’étaient pas venus. Je me suis pris un peu la tête avec la présidente des assurances au niveau national... parce qu’il fallait sauver les gens, les nourrir, nettoyer les maisons... Des bénévoles et des employés municipaux faisaient à manger, matin, midi et soir. On était présent 24 heures sur 24, et ce pendant pratiquement un mois. Tout s’est organisé très vite. Sur 860 foyers, soit 1 700 habitants, 430 étaient impactés.
On a eu la chance d’être en octobre et que tous les gîtes des sites carcassonnais soient libres, donc on a pu reloger tout le monde rapidement. L’EPF [établissement public foncier] a assuré le traitement du fonds Barnier, ce fut une première en France. On n’aurait pas pu gérer ça, on était sur le terrain. Mais c’est moi, le maire, qui devait annoncer à la population concernée que leur maison allait être démolie. Les trois premières semaines, il y a eu des psychologues, ils faisaient aussi des permanences à la mairie. Il a aussi fallu gérer les dons. Parfois des camions arrivaient avec des matelas tachés, une chaussure sur deux... il fallait tout jeter ! On a eu un monsieur venu de Savoie, il était électricien. Il n’a même pas voulu qu’on le loge. Il campait sur le stade et il allait contrôler toutes les maisons avant de réenclencher le compteur une fois que tout avait été nettoyé. Il est venu quinze jours sur ses congés... Un traiteur est venu de Saint-Gaudens, un dimanche matin. Il est arrivé et nous a dit de mettre des tables et des chaises. Il a fait à manger pour quatre cents personnes ce jour-là !
Dans ce genre de période, on perçoit l’être humain tel qu’il est... Mais c’est parfois désolant ! Je crois en l’être humain, mais pas au bon Dieu : avec l’arrivée des dons, on a dû virer des gens, faire intervenir les gendarmes. Des sinistrés ou non chargeaient leur voiture, prenaient tout et insultaient ceux qui s’occupaient des dons... Il y a vraiment des extrêmes. C’est là où on voit la vraie nature humaine.</image:title>
      <image:caption>Ce qu'il en reste
Michel Proust, 72 ans, maire de Villegailhenc
Humainement ça a été très fort. Quand je suis sorti de chez moi à 1 h du matin pour lancer le PCS [plan communal de sauvegarde], je ne voyais plus la maison de mon voisin tellement le rideau était fort. Il y avait déjà des véhicules de pompiers qui étaient arrivés pas loin de chez moi. On ne pouvait pas se rendre à la mairie pour lancer le PCS, j’ai pu seulement appeler les adjoints, mais tous les secteurs se trouvaient isolés. En pleine nuit, les secours ne pouvaient rien faire. Une embarcation a failli être emportée. De même pour les personnes qui étaient sur les toits, il a fallu attendre le matin pour les hélitreuiller avec des hélicoptères venus de Perpignan.
À 5 h 30, on ne pouvait toujours pas accéder à l’autre côté du village. À 7 h 30, l’eau passait encore par-dessus. Dès qu’on a pu bouger, on a utilisé la cantine scolaire comme poste de secours et ce qui était d’ordre social était fait en mairie. L’eau, l’électricité et le téléphone étaient coupés. Plus d’Internet pendant plusieurs jours, donc impossible de faire les dossiers. On a mobilisé beaucoup d’entreprises, il fallait réagir vite. Les assurances ne voulaient pas que l’on touche les véhicules tant que les experts n’étaient pas venus. Je me suis pris un peu la tête avec la présidente des assurances au niveau national... parce qu’il fallait sauver les gens, les nourrir, nettoyer les maisons... Des bénévoles et des employés municipaux faisaient à manger, matin, midi et soir. On était présent 24 heures sur 24, et ce pendant pratiquement un mois. Tout s’est organisé très vite. Sur 860 foyers, soit 1 700 habitants, 430 étaient impactés.
On a eu la chance d’être en octobre et que tous les gîtes des sites carcassonnais soient libres, donc on a pu reloger tout le monde rapidement. L’EPF [établissement public foncier] a assuré le traitement du fonds Barnier, ce fut une première en France. On n’aurait pas pu gérer ça, on était sur le terrain. Mais c’est moi, le maire, qui devait annoncer à la population concernée que leur maison allait être démolie. Les trois premières semaines, il y a eu des psychologues, ils faisaient aussi des permanences à la mairie. Il a aussi fallu gérer les dons. Parfois des camions arrivaient avec des matelas tachés, une chaussure sur deux... il fallait tout jeter ! On a eu un monsieur venu de Savoie, il était électricien. Il n’a même pas voulu qu’on le loge. Il campait sur le stade et il allait contrôler toutes les maisons avant de réenclencher le compteur une fois que tout avait été nettoyé. Il est venu quinze jours sur ses congés... Un traiteur est venu de Saint-Gaudens, un dimanche matin. Il est arrivé et nous a dit de mettre des tables et des chaises. Il a fait à manger pour quatre cents personnes ce jour-là !
Dans ce genre de période, on perçoit l’être humain tel qu’il est... Mais c’est parfois désolant ! Je crois en l’être humain, mais pas au bon Dieu : avec l’arrivée des dons, on a dû virer des gens, faire intervenir les gendarmes. Des sinistrés ou non chargeaient leur voiture, prenaient tout et insultaient ceux qui s’occupaient des dons... Il y a vraiment des extrêmes. C’est là où on voit la vraie nature humaine.</image:caption>
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      <image:title>Swiss-French photographer Sabine Weiss at home, Paris, January 2014</image:title>
      <image:caption>Swiss-French photographer Sabine Weiss at home, Paris, January 2014</image:caption>
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      <image:title>Portrait of Stéphanie, taken after the first lockdown at the hardresser in my village, Valleraugue, Val d’Aigoual, France, Mai 14th,  2020.</image:title>
      <image:caption>Portrait of Stéphanie, taken after the first lockdown at the hardresser in my village, Valleraugue, Val d’Aigoual, France, Mai 14th,  2020.</image:caption>
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      <image:title>Belgian writer, Amélie Nothomb,
Paris, 2019</image:title>
      <image:caption>Belgian writer, Amélie Nothomb,
Paris, 2019</image:caption>
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      <image:title>Prête dans l'armée Française, Remi Caillaud, Kaboul
Afghanistan, 2012</image:title>
      <image:caption>Prête dans l'armée Française, Remi Caillaud, Kaboul
Afghanistan, 2012</image:caption>
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      <image:title>Marshall Karaitiana, fils de Michael Karaitiana, gérant de la caravane des boxeurs, 2013.
Issu du sujet : La caravane des boxeurs, 2010-2013</image:title>
      <image:caption>Marshall Karaitiana, fils de Michael Karaitiana, gérant de la caravane des boxeurs, 2013.
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Afghanistan, 2012</image:title>
      <image:caption>Prête dans l'armée Française, Remi Caillaud, Kaboul
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      <image:title>Esther Rovere, gérante du célèbre Palace Hotel, Broken Hill, Australie, 2011.</image:title>
      <image:caption>Esther Rovere, gérante du célèbre Palace Hotel, Broken Hill, Australie, 2011.</image:caption>
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      <image:title>French writer, Alain Blottière
Paris 2019</image:title>
      <image:caption>French writer, Alain Blottière
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      <image:title>Photographe Française, Axelle de Russé
Paris, 2019</image:title>
      <image:caption>Photographe Française, Axelle de Russé
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      <image:title>French writer and journalist Marie Morgan Le Moel
Paris, 2014.</image:title>
      <image:caption>French writer and journalist Marie Morgan Le Moel
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      <image:title>Farkhonda in Kabul, 2012.
From the story : Farkhonda, From Australia to Afghanistan, 2010-2012.</image:title>
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From the story : Farkhonda, From Australia to Afghanistan, 2010-2012.</image:caption>
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      <image:title>Maud Griezmann, soeur du joueur de football, Antoine Griezmann, pour le New York Times, 2016.</image:title>
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      <image:title>Michael Karaitiana, gérant de la caravane des boxeurs, 2013.
Issu du sujet : La caravane des boxeurs, 2010-2013</image:title>
      <image:caption>Michael Karaitiana, gérant de la caravane des boxeurs, 2013.
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      <image:title>Artiste Australien, Rod Moss, Alice Springs, Australie, 2011</image:title>
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      <image:title>Denis
Paris, 2018.</image:title>
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      <image:title>Photographe Italienne, Cristina Vatielli
Rome, 2009.</image:title>
      <image:caption>Photographe Italienne, Cristina Vatielli
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      <image:title>Ecrivain Français, Dominique Lapierre
Bombay, Inde, 2008 pour Le Monde</image:title>
      <image:caption>Ecrivain Français, Dominique Lapierre
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Bombay, Inde, 2008 pour Le Monde</image:title>
      <image:caption>Ecrivain Français, Dominique Lapierre
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      <image:title>Les écureuils, Jean-Baptiste Libouban et son épouse, Communauté de l'Arche, 2010</image:title>
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      <image:title>Série de portraits, tibétains en exil, Dharamsala, Inde, 2006</image:title>
      <image:caption>Série de portraits, tibétains en exil, Dharamsala, Inde, 2006</image:caption>
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      <image:title>Photographe Malien, Malick Sidibé, Bamako, Mali, 2001</image:title>
      <image:caption>Photographe Malien, Malick Sidibé, Bamako, Mali, 2001</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
      <image:caption>L'Odyssée sensorielle, Mazars France
Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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      <image:title>L'Odyssée sensorielle, Mazars France
Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
      <image:caption>L'Odyssée sensorielle, Mazars France
Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:title>
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Exposition l’Odyssée Sensorielle au Musée National d’Histoire Naturelle à Paris, Ile de France, France, le 19 Octobre 2021, © Viviane Dalles / Divergence</image:caption>
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      <image:title>Exposition Gauguin l'Alchimiste au Grand Palais, Paris, France, 2017</image:title>
      <image:caption>Exposition Gauguin l'Alchimiste au Grand Palais, Paris, France, 2017</image:caption>
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      <image:title>Cocktail, Christie's Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Cocktail, Christie's Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Vente de la Duchesse d'Alba, Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Vente de la Duchesse d'Alba, Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Mannequin et actrice Américaine,Marisa Berenson, Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Mannequin et actrice Américaine,Marisa Berenson, Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Les Moutons de l'artiste Français François-Xavier Lalanne. Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Les Moutons de l'artiste Français François-Xavier Lalanne. Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Painting by the Irish artist Francis Bacon (1985). Photograph realized for the catalogue. Christie's Auction House, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Painting by the Irish artist Francis Bacon (1985). Photograph realized for the catalogue. Christie's Auction House, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Aurélia Cabrillat, specialiste, Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Aurélia Cabrillat, specialiste, Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Vente de la Duchesse d'Alba, Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Vente de la Duchesse d'Alba, Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Le styliste Français Hubert de Givenchy lors de la signature de son livre To Audrey with Love. Christie's, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Le styliste Français Hubert de Givenchy lors de la signature de son livre To Audrey with Love. Christie's, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>Sculpture de l'artiste Japonnais Toshio Lezumi, Cottesloe, Australia.</image:title>
      <image:caption>Sculpture de l'artiste Japonnais Toshio Lezumi, Cottesloe, Australia.</image:caption>
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      <image:title>Soiré d'ouverture, Sculpture by the Sea, Cottesloe, Australia.</image:title>
      <image:caption>Soiré d'ouverture, Sculpture by the Sea, Cottesloe, Australia.</image:caption>
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      <image:title>Maison de la Culture du Japon, Paris, Arcora, Arcueil, France.</image:title>
      <image:caption>Maison de la Culture du Japon, Paris, Arcora, Arcueil, France.</image:caption>
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      <image:title>Canopée des Halles, Paris, France.</image:title>
      <image:caption>Canopée des Halles, Paris, France.</image:caption>
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      <image:caption>Canopée des Halles, Paris, France.</image:caption>
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      <image:title>USINE MAHINDRA RENAULT, INDE</image:title>
      <image:caption>USINE MAHINDRA RENAULT, INDE</image:caption>
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      <image:caption>USINE MAHINDRA RENAULT, INDE</image:caption>
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      <image:title>{quote}Cet idiot, m’a dit de vider la bouteille de vodka dans la neige. J’ai répondu: tu es fou ? Il voulait la finir en me la prenant des mains, je l’ai descendu cul sec”. DmitryDmitry, 48 ans, est alcoolique. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante, il est soigné à l’Institut républicain de la TB à Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>{quote}Cet idiot, m’a dit de vider la bouteille de vodka dans la neige. J’ai répondu: tu es fou ? Il voulait la finir en me la prenant des mains, je l’ai descendu cul sec”. DmitryDmitry, 48 ans, est alcoolique. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante, il est soigné à l’Institut républicain de la TB à Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Le personnel et les visiteurs doivent porter un masque lorsqu’ils rentrent en contact avec des patients atteints de tuberculose. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Le personnel et les visiteurs doivent porter un masque lorsqu’ils rentrent en contact avec des patients atteints de tuberculose. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Dmitry, 48 ans est de Minsk. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante. Il est un ancien prisonnier, il a passé 25 ans derrière les barreaux. Il a été libéré en 2012 de la prison de Orsha. En 1988-1989 il a eu une pleurésie et une pneumonie, ils ont pompé 5 litres de liquide hors de lui. C’est ainsi qu’ils ont détecté la Tb. Il est à l’institut depuis 7 mois. Comme la plupart es patients, Dmitry préfère prendre son repas seul dans sa chambre. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Dmitry, 48 ans est de Minsk. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante. Il est un ancien prisonnier, il a passé 25 ans derrière les barreaux. Il a été libéré en 2012 de la prison de Orsha. En 1988-1989 il a eu une pleurésie et une pneumonie, ils ont pompé 5 litres de liquide hors de lui. C’est ainsi qu’ils ont détecté la Tb. Il est à l’institut depuis 7 mois. Comme la plupart es patients, Dmitry préfère prendre son repas seul dans sa chambre. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante il est soigné à l’Institut républicain de la TB. Aujourd’hui, il reçoit la visite de Andrey, qui travaille pour MSF et qui vient passer un peu de temps avec lui pour discuter. Les patients sont coupés du monde, l’isolement est difficile à supporter. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante il est soigné à l’Institut républicain de la TB. Aujourd’hui, il reçoit la visite de Andrey, qui travaille pour MSF et qui vient passer un peu de temps avec lui pour discuter. Les patients sont coupés du monde, l’isolement est difficile à supporter. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Pièce qui permet au corps médical de rencontrer leurs patients avec plus d’intimité. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Pièce qui permet au corps médical de rencontrer leurs patients avec plus d’intimité. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>J’ai nulle part ou aller. Dmitry. Il passe la plupart de son temps allongé sur son lit, il n’a pas de visite et ses deux enfants ont été adopté en Italie. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante, il est soigné à l’Institut républicain de la TB, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>J’ai nulle part ou aller. Dmitry. Il passe la plupart de son temps allongé sur son lit, il n’a pas de visite et ses deux enfants ont été adopté en Italie. Dmitry est atteint de tuberculose multi-résistante, il est soigné à l’Institut républicain de la TB, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Avant j’ai joué dans des films grand public, dans films de guerres et des séries télé aussi. Quand j’ai pris ma retraite d’actrice, je suis devenue modèle dans une école d’art. Je suis ici depuis Janvier 2018, cela fait longtemps, et je ne sais pas combien de temps je vais rester. Lida 79 ans. Lida est atteinte de tuberculose multi-résistante. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Avant j’ai joué dans des films grand public, dans films de guerres et des séries télé aussi. Quand j’ai pris ma retraite d’actrice, je suis devenue modèle dans une école d’art. Je suis ici depuis Janvier 2018, cela fait longtemps, et je ne sais pas combien de temps je vais rester. Lida 79 ans. Lida est atteinte de tuberculose multi-résistante. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Livre et loupe de Lida. Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Livre et loupe de Lida. Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Le matin quand je me lève, je n’ai pas envie de vivre. Yulia, 38 ans.Quand elle est rentrée au collège, Yulia a rencontré des jeunes avec qui elle a commencé à se droguer. A l’âge de 19-20 ans elle était devenue toxicomane. A cette même période elle a découvert qu’elle avait le VIH. Elle a passé deux en prison à cause de la drogue. En juillet 2018 elle a été diagnostiquée avec la tuberculose au niveau de son poumon gauche. Tous les jours, Yulia va prendre sa dose de methadone qui lui est distribuée par dispensaire narcologique de la ville. Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Le matin quand je me lève, je n’ai pas envie de vivre. Yulia, 38 ans.Quand elle est rentrée au collège, Yulia a rencontré des jeunes avec qui elle a commencé à se droguer. A l’âge de 19-20 ans elle était devenue toxicomane. A cette même période elle a découvert qu’elle avait le VIH. Elle a passé deux en prison à cause de la drogue. En juillet 2018 elle a été diagnostiquée avec la tuberculose au niveau de son poumon gauche. Tous les jours, Yulia va prendre sa dose de methadone qui lui est distribuée par dispensaire narcologique de la ville. Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Tous les jours, les patients doivent prendre leur traitement devant une infirmière. Ce dernier peut durer 2 ans. Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Tous les jours, les patients doivent prendre leur traitement devant une infirmière. Ce dernier peut durer 2 ans. Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Je veux sortir, aller dehors. Je sais que je ne peux pas, c’est interdit. J’en peux plus d’être ici. Ludmila, 59 ans, originaire de Minsk est veuve. Elle est à l’institut dans des conditions très sévères, elle a le VIH et la tuberculose. Elle travaillait comme assitante dans un magazin puis elle a fait la plonge dans des restaurants. Elle ne sait pas comment elle a été contaminée par la TB. Ludmila est trop faible pour se dépacer, elle reste tout le temps dans son lit. Son fils lui rend visite occasionnellement.</image:title>
      <image:caption>Je veux sortir, aller dehors. Je sais que je ne peux pas, c’est interdit. J’en peux plus d’être ici. Ludmila, 59 ans, originaire de Minsk est veuve. Elle est à l’institut dans des conditions très sévères, elle a le VIH et la tuberculose. Elle travaillait comme assitante dans un magazin puis elle a fait la plonge dans des restaurants. Elle ne sait pas comment elle a été contaminée par la TB. Ludmila est trop faible pour se dépacer, elle reste tout le temps dans son lit. Son fils lui rend visite occasionnellement.</image:caption>
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      <image:title>Vue de sa chambre. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Vue de sa chambre. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Ludmila pendant un test de performances pratiqué une fois par mois. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Ludmila pendant un test de performances pratiqué une fois par mois. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Masque et icônes religieuses accrochés au mur dans la chambre d’un patient. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Masque et icônes religieuses accrochés au mur dans la chambre d’un patient. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Avant j’allais à l’église, mais pas tant que ca. Vous savez, quand vous devenez malade, cela vous raproche de dieu. Gregory dans la chapelle de l’Institut. Il s’occupe de l’ouvrir et la fermer tous les jours pour les autres patients. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Avant j’allais à l’église, mais pas tant que ca. Vous savez, quand vous devenez malade, cela vous raproche de dieu. Gregory dans la chapelle de l’Institut. Il s’occupe de l’ouvrir et la fermer tous les jours pour les autres patients. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Ludmila a 59 ans, elle est veuve originaire de Minsk. Elle est à l’institut dans des conditions très sévères, elle a le sida et la tuberculose. Elle travaillait comme assitante dans un magazin puis elle a fait la plonge dans des restaurants. Elle ne sait pas comment elle a été contaminée par la Tb. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Ludmila a 59 ans, elle est veuve originaire de Minsk. Elle est à l’institut dans des conditions très sévères, elle a le sida et la tuberculose. Elle travaillait comme assitante dans un magazin puis elle a fait la plonge dans des restaurants. Elle ne sait pas comment elle a été contaminée par la Tb. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Alena, infirmière chez MSF regarde Leonid à travers la porte vitrée de sa chambre. Léonid n’est pas autorisé à sortir de cette chambre. Cela fait un mois qu’il y est. Unité intensive de soins. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Alena, infirmière chez MSF regarde Leonid à travers la porte vitrée de sa chambre. Léonid n’est pas autorisé à sortir de cette chambre. Cela fait un mois qu’il y est. Unité intensive de soins. Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Léonid n’est pas autorisé à sortir de cette chambre qui est fermée à clés. Cela fait un mois qu’il y est. Unité intensive de soins. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Léonid n’est pas autorisé à sortir de cette chambre qui est fermée à clés. Cela fait un mois qu’il y est. Unité intensive de soins. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Il n’y a rien de pire que la solitude. Je suis allongé ici comme dans un cercueil. LeonidLeonid a 53 ans, il est extrêmement résitant aux traitements (XDR-TB). Il a été diagnostiqué avec le TB en 2003. Après un séjour au sanatorium, ils l’ont laissé sortir. Peu de temps après il avait à nouveau des symptômes et hospitalisé à nouveau. Il a été transféré en unité de soins intensifs de l’Institut car il avait des pensées suicidaires et pouvait s’avérer dangereux pour les autres patients. Sa porte est fermée à clés, il n’est pas autorisé à sortir. Il n’a pas vu sa fille depuis 15 ans. Il n’a plus de nouvelle du reste de sa famille ni de ses amis. Sa radio est son seul lien avec l’extérieur. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Il n’y a rien de pire que la solitude. Je suis allongé ici comme dans un cercueil. LeonidLeonid a 53 ans, il est extrêmement résitant aux traitements (XDR-TB). Il a été diagnostiqué avec le TB en 2003. Après un séjour au sanatorium, ils l’ont laissé sortir. Peu de temps après il avait à nouveau des symptômes et hospitalisé à nouveau. Il a été transféré en unité de soins intensifs de l’Institut car il avait des pensées suicidaires et pouvait s’avérer dangereux pour les autres patients. Sa porte est fermée à clés, il n’est pas autorisé à sortir. Il n’a pas vu sa fille depuis 15 ans. Il n’a plus de nouvelle du reste de sa famille ni de ses amis. Sa radio est son seul lien avec l’extérieur. Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Radio de Leonid. Il n’est pas autorisé à sortir, il n’a pas de visites et passe ses journées dans sa chambre. Il lit ou écoute la radio. Unité Intensive de soins,, Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Radio de Leonid. Il n’est pas autorisé à sortir, il n’a pas de visites et passe ses journées dans sa chambre. Il lit ou écoute la radio. Unité Intensive de soins,, Institut Républicain de la TB, Minsk, Bielorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Personne ne me rend visite. Personne n’est autorisé ici. Et d’ailleurs qui voudrait venir ? Rendre visite à une personne atteinte de Tb comme moi ? Pourquoi viendraient-ils ? Tout le monde a ses problèmes. Qui suis-je pour eux ? Personne. Tout le monde a peur de la Tb. Leonid. Unité Intensive de soins, Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Personne ne me rend visite. Personne n’est autorisé ici. Et d’ailleurs qui voudrait venir ? Rendre visite à une personne atteinte de Tb comme moi ? Pourquoi viendraient-ils ? Tout le monde a ses problèmes. Qui suis-je pour eux ? Personne. Tout le monde a peur de la Tb. Leonid. Unité Intensive de soins, Institut Républicain de la Tb, Minsk, Bielorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Vue de la cuisine chez Oleg et Larissa, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Vue de la cuisine chez Oleg et Larissa, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Je m’allongeais et j’avais des douleurs atroces dans tout le corps comme un drogué. J’étais fatigué. J’ai vécu des choses difficiles dans ma vie, mais je n’ai jamais rien ressenti de tel. Oleg, 46 ans.Oleg est un migrant Ukrainien, de ce fait il n’avait pas droit au traitement. Il a eut accès au traitement grâce à MSF qui est implanté à Minsk depuis 2015. Il n’est pas contagieux, il vit à Minsk dans un appartement avec sa femme, Larissa. Il se rend deux fois par jours dans un dispensaire pour prendre son traitement qu’il va terminer en fin d’année. Il espère obtenir la citoyenneté Biélorusse très prochainement.</image:title>
      <image:caption>Je m’allongeais et j’avais des douleurs atroces dans tout le corps comme un drogué. J’étais fatigué. J’ai vécu des choses difficiles dans ma vie, mais je n’ai jamais rien ressenti de tel. Oleg, 46 ans.Oleg est un migrant Ukrainien, de ce fait il n’avait pas droit au traitement. Il a eut accès au traitement grâce à MSF qui est implanté à Minsk depuis 2015. Il n’est pas contagieux, il vit à Minsk dans un appartement avec sa femme, Larissa. Il se rend deux fois par jours dans un dispensaire pour prendre son traitement qu’il va terminer en fin d’année. Il espère obtenir la citoyenneté Biélorusse très prochainement.</image:caption>
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      <image:title>Oleg se rend deux fois par jours dans un dispensaire pour prendre son traitement qu’il va terminer en fin d’année. Il est un migrant Ukrainien, il n’a pas encore la citoyenneté Biélorusse. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Oleg se rend deux fois par jours dans un dispensaire pour prendre son traitement qu’il va terminer en fin d’année. Il est un migrant Ukrainien, il n’a pas encore la citoyenneté Biélorusse. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>J’aimerais avoir plus d’amis, plus d’intéraction avec les gens.  Oleg avec sa femme Larissa.A cause de la TB, beaucoup d’amis et des membres de sa famille ont arrêté de le fréquenter. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>J’aimerais avoir plus d’amis, plus d’intéraction avec les gens.  Oleg avec sa femme Larissa.A cause de la TB, beaucoup d’amis et des membres de sa famille ont arrêté de le fréquenter. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Tôt le matin dans les rues de Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Tôt le matin dans les rues de Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Il y a un an de cela, nous étions tous deux à l’hopital, aujourd’hui, nous vivons ensemble et gagnons notre propre argent. Il y a de l’espoir, il ne faut pas abandonner quand vous suivez le traitement. VadimVadim et Alyona se sont rencontré lors de leur séjour à l’institut. Aujourd’hui, ils sont tous deux des patients extérieurs, autorisés à vivre chez eux, et venant tous les jours au dispensaire pour la prise de leur traitement. Il est noté sur leur certificat médical qu’ils ont la Tb, du coup les gens ne veulent pas les embaucher, même si ils ne sont pas contagieux. Alyona fait des ménages dans une usine et Vadim travaille sur des chantiers, tous deux deux non-déclarés.</image:title>
      <image:caption>Il y a un an de cela, nous étions tous deux à l’hopital, aujourd’hui, nous vivons ensemble et gagnons notre propre argent. Il y a de l’espoir, il ne faut pas abandonner quand vous suivez le traitement. VadimVadim et Alyona se sont rencontré lors de leur séjour à l’institut. Aujourd’hui, ils sont tous deux des patients extérieurs, autorisés à vivre chez eux, et venant tous les jours au dispensaire pour la prise de leur traitement. Il est noté sur leur certificat médical qu’ils ont la Tb, du coup les gens ne veulent pas les embaucher, même si ils ne sont pas contagieux. Alyona fait des ménages dans une usine et Vadim travaille sur des chantiers, tous deux deux non-déclarés.</image:caption>
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      <image:title>Tous les jours, sauf le Dimanche, Alyona et Vadim se rendent au dispensaire pour prendre leur traitement. Ils vont le terminer à la fin de l’année. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Tous les jours, sauf le Dimanche, Alyona et Vadim se rendent au dispensaire pour prendre leur traitement. Ils vont le terminer à la fin de l’année. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>Infirmière préparant le traitement de Vadim, dispensaire, Minsk, Biélorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>Infirmière préparant le traitement de Vadim, dispensaire, Minsk, Biélorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Vadim prenant son traitement. Tous les jours, sauf le Dimanche, Alyona et Vadim se rendent dans un dispensaire pour prendre leur traitement. Ils vont le terminer à la fin de l’année. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Vadim prenant son traitement. Tous les jours, sauf le Dimanche, Alyona et Vadim se rendent dans un dispensaire pour prendre leur traitement. Ils vont le terminer à la fin de l’année. Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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      <image:title>J’ai appris que j’avais la TB en 2016. Cela ne m’a pas choquée. Je connaissais la TB depuis que j’étais enfant. Mon père a commencé a être malade quand j’avais 5 ans. Il était alcoolique, il n’a pas voulu se soigner pendant longtemps. Quand il a décidé de se soigner il était trop tard, il est mort en 2014. Ma mère a contracté la TB la même année, elle a suivi un traitement et a guéri 2 ans après. Alyona, 19, Minsk, Biélorussie, 2018</image:title>
      <image:caption>J’ai appris que j’avais la TB en 2016. Cela ne m’a pas choquée. Je connaissais la TB depuis que j’étais enfant. Mon père a commencé a être malade quand j’avais 5 ans. Il était alcoolique, il n’a pas voulu se soigner pendant longtemps. Quand il a décidé de se soigner il était trop tard, il est mort en 2014. Ma mère a contracté la TB la même année, elle a suivi un traitement et a guéri 2 ans après. Alyona, 19, Minsk, Biélorussie, 2018</image:caption>
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      <image:title>Le jour de la Saint valentin, Vadim a demandé Alyona en mariage, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:title>
      <image:caption>Le jour de la Saint valentin, Vadim a demandé Alyona en mariage, Minsk, Biélorussie, 2018.</image:caption>
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